14.08.2026

Il y a 10 ans naissait l'association d'aide aux victimes

La rédaction de SoualigaPost.com revient cet été sur des événements culturels, sociaux, faits divers, qui se sont passés il y a 10 ans à Saint-Martin. En 2016 était créée l'association d'aide aux victimes Trait d'Union/France Victimes 978 qui exerce encore aujourd'hui.

En 2013, une jeune fille avait été grièvement blessée lors du Fish Day lors d'une fusillade. Elle avait dû se rendre régulièrement en métropole pour des soins et l’entretien de sa prothèse oculaire. Elle avait payé les frais de déplacements et les soins car elle ne savait pas qu'ils pouvaient être pris en charge. Lorsque Jean-Marie Thévénet, délégué du procureur a eu connaissance de cette situation, deux ans plus tard, il a décidé de créer une association d’aide aux victimes. C'est ainsi que Trait d'Union a commencé à exercer le 1er janvier 2016.

Par le passé, plusieurs tentatives de création d’une telle structure avaient eu lieu. Mais pour des raisons de méthodes principalement, elles n'avaient pu fonctionner très longtemps. Elles étaient composées de personnes bénévoles et le bénévolat n'était pas suffisant. De telles structures doivent être professionnelles et avoir des compétences juridiques et pour cela, elles nécessitent des crédits.

L'association Trait d’Union a bénéficié de subventions de l'Etat via le fonds interministériel de lutte contre la délinquance. Sa mise en place a été inscrite au Contrat de Ville signé en décembre 2015 entre l’Etat et la Collectivité. La COM lui a mis à l'époque à disposition gracieusement un local à Grand Case,. Cela a permis d’assurer une permanence physique en plus de la permanence téléphonique.

A noter que la mise en place de l’association s'est inscrite aussi dans le chantier de création de la chambre détachée de Saint-Martin, ce qui fait le ministère de la Justice s’est engagé à verser des fonds pour assurer le fonctionnement.

L’un des objectifs de Trait d’Union a été d’accompagner les victimes dans leur démarche d’indemnisation. «Être indemnisé, c’est important. Cela permet que son préjudice soit reconnu et cela peut éviter l’envie de vengeance», veut faire reconnaître Jean-Marie Thévenet. A Saint-Martin, nombreuses sont les victimes qui ignorent qu’elles peuvent demander des indemnités. Elles l’ignorent par manque d’information. La jeune fille blessée au Fish Day a par la suite reçu des indemnisations.

Autre ambition affichée était l’explication du déroulement d’un procès. Souvent, les personnes victimes d’un vol ou de violences conjugales ou autres, allaient au tribunal car elles avaient reçu un avis de convocation en tant que victime. Mais elles ignoraient totalement ce qu’elles devaient dire au magistrat lorsqu’elles étaient appelées à la barre. Souvent, elles ne voulaient pas demander des dommages et intérêt car elles savaient que l’auteur des violences n’avait pas d’argent pour payer. Trait d’Union les a accompagnées ainsi dans leur démarche de constitution de partie civile.

Trait d'Union a évolué, l'association s'est affiliée au réseau France Victimes et a été rebaptisée France Victimes 978. Après le passage de l'ouragan Irma, elle a assuré des soutiens psychologiques aux personnes sinistrées, accompagné des locataires abusés par des propriétaires (loyers élevés, logements insalubres). L'association nommée France Victimes 978 est aussi devenue administrateur ad hoc et représente les intérêts des enfants victimes de violences. La lutte et la protection des femmes victimes de violences conjugales restent l'une de ses priorités. L'association a mis en place plusieurs dispositifs et ouvert en 2024 la Maison des Femmes à Marigot.

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