11.01.2018

Pillages : quatre Dominicains condamnés à des travaux d’intérêt général

Plusieurs personnes ont comparu ce matin devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin dans le cadre d’affaires de pillages post-Irma.

Ce matin s’est tenue une audience à juge unique consacrée essentiellement à des affaires de pillage commis après l’ouragan Irma. Le vice-procureur Yves Paillard a été clair dès son premier réquisitoire. «Il n’y a aucune justification à ces vols ou actes de recel. Pour le ministère public, il n’y a pas d’excuse recevable», a-t-il déclaré.

«Je ne vois pas l’intérêt d’avoir sept lampes de bureaux alors qu’on n’a pas d’électricité. (...) Alors qu’on dit avoir perdu sa maison ou son appartement, on trouve quand même de la place pour stocker des objets volés», commentera-t-il. «Des commerçants auraient pu rouvrir quelques jours après Irma s’ils n’avaient pas été pillés. En partie hollandaise, les magasins de bricolage n’ont pas été pillés et ont rouvert rapidement», fera-t-il remarquer.

Aux personnes étrangères, il leur rappellera que «dans un pays qui [les] accueille, on doit respecter ses lois et demander pardon ne suffit pas». Et de préciser à ceux qui ont souhaité tirer profit de ces vols que «la France est déjà un pays généreux en accordant des allocations, en offrant la gratuité des soins et de l’école». Yves Paillard a en outre précisé que l’interdiction de territoire français ne pouvait pas être une peine complémentaire dans le cadre d’affaires de vol ou recel. En revanche, il a dit espérer que l’autorité administrative saura apprécier la situation judiciaire des ressortissants étrangers au moment du renouvellement de leur titre de séjour.

Ce matin, parmi les prévenus ont comparu trois hommes et une femme originaires de la République dominicaine. Tous ont reconnu les faits et ceux qui étaient accusés de recel ont tous avoué savoir que les objets provenaient d’un vol.

  • Un coiffeur qui croyait que «c’était normal»

Le premier appelé est âgé de 38 ans. Il habite à Sandy Ground et est coiffeur. Lors d’un contrôle routier le 20 septembre, les gendarmes fouillent sa voiture et découvrent des dizaines d’objets volés. Il reconnaît avoir notamment soustrait le 9 septembre trente montres pour homme, quinze montres pour femme, quatre tablettes numériques, deux paires de jumelles, quinze paires de lunettes de soleil, quatre appareils photo numériques. «Je comprends que j’ai commis une erreur, mais je pensais que c’était normal», a-t-il confié devant le tribunal.

Conformément aux réquisitions du parquet, il a été condamné à une peine de deux mois de prison avec sursis et quatre-vingts heures de travail d’intérêt général à réaliser dans un délai de dix-huit mois.

  • Un couple dénoncé pour entreposer des objets volés

Lui est âgé de 57 ans, elle de 50. Ils habitent dans une maison rue de Hollande, où les gendarmes sont allés perquisitionner suite à un renseignement. Ils y ont découvert des vêtements, de l’électroménager, des outils, ainsi qu’un canapé volés notamment dans des magasin de bricolage et de décoration à Bellevue. L’homme reconnaît avoir volé les outils mais affirme que les autres objets lui ont été donnés. Sa compagne expliquera avoir trouvé le canapé à l’extérieur du magasin, devant la porte. «Le toit de la maison est parti, je n’avais plus de lit, rien pour dormir alors j’ai pris le canapé», expliquera-t-elle les larmes aux yeux et en demandant pardon.

Tous deux ont déjà été condamnés, lui en 2004 pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique, elle en 2011 et 2012  par le tribunal de Basse-Terre pour conduite sans permis.

Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal a condamné l’homme à une peine de deux mois de prison avec sursis et quatre-vingts heures de travail d’intérêt général à réaliser dans un délai de dix-huit mois ; la femme à quarante heures de travail d’intérêt général à réaliser dans un délai de dix-huit mois.

  • Il prend les affaires volées que sa compagne lui remet

Selon des informations reçues, les gendarmes sont allés perquisitionner chez cet homme de cinquante ans afin de voir s’il était en possession d’objets volés. À son domicile à Bellevue, les militaires découvrent un aspirateur, deux lampes de bureau, trois cartons de champagne, de l’outillage, un fer vapeur, un carton de jouets, des lunettes, une voiture pour enfant, des chaises, deux tapis de jeux pour enfant, un fer à repasser, cinq cartons de vin, un porte bébé, un sac rempli de chaussures pour enfant, un lit parapluie et une disqueuse électrique. Aux enquêteurs, il a affirmé que ces objets lui avaient été remis par sa compagne et d’autres personnes. Il a aussi dit qu’une personne offrait du champagne.

Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal a condamné l’homme à une peine de deux mois de prison avec sursis et quatre-vingts heures de travail d’intérêt général à réaliser dans un délai de dix-huit mois.

A l’issue de la lecture de leur jugement, les personnes condamnées ont reçu en main propre une notification pour exercer les heures de travail d’intérêt général.

Dans des affaires différentes, le gérant de plusieurs magasins s’est constitué partie civile. Sa demande a été acceptée par le tribunal et renvoyée sur intérêt civil.

D’autres prévenus dominicains sont convoqués devant le tribunal à des dates ultérieures. Ce matin ont aussi comparu un Saint-Martinois, une métropolitaine et un Haïtien pour vol ou recel de vol dans des affaires de pillage.

Estelle Gasnet
2 commentaires

Commentaires

C'est pas cher payé pour avoir pillé dans de telles conditions....
Allons y gaiement la prochaine fois...ne nous génons pas !!!! Pauvre FRANCE qui se laisse dépouiller de cette triste façon!

L'abandon du principe de la double peine doit empêcher les juges de décider du renvoi dans leurs pays des dominicains.Dommage.

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