19.12.2017

Pillages : ils volent pour 7000 euros de boissons

Trois personnes étaient convoquées au tribunal correctionnel de Saint-Martin jeudi 14 décembre pour une affaire de vol en réunion.

Le 14 septembre, J-L. A. 36 ans, est accompagné de deux complices (L.T et E.L) lorsqu’il se rend dans un entrepôt situé à proximité de l’aéroport de Grand Case pour y dérober 250 bouteilles d’alcool et plus de 600 softs. Le hangar a été ouvert par le cyclone.

Dans la résidence où il habite, J-L.A héberge plusieurs personnes et ses réserves ne suffisent plus. Idem pour ses voisins. «Chacun avait sa petite communauté, d’où la quantité», tente-t-il de justifier devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin.

Les trois compères et leurs amis décident d’utiliser le pick-up du colocataire de J-L. A. pour approvisionner les habitants de la résidence. Les trois hommes partent à la distribution alimentaire de la Croix Rouge. Au retour, ils s’arrêtent à l’entrepôt «pour prendre le complément». A la barre, J-L. A. s’explique dans un style décomplexé qui ne joue pas en sa faveur. Mais il préfère jouer la franchise. «J’aurais eu un camion, j’aurais rempli le camion. Nous avons tout distribué. Je sais que c’est répréhensible».

Lorsque la présidente du tribunal lui fait remarquer que 250 bouteilles d’alcool ne correspondent pas vraiment à un besoin en situation d’urgence, il répond : «vu le stress des gens le soir sans eau et sans électricité, valait mieux boire pour apaiser les tensions». Il évoque même les vertus de l’alcool pour désinfecter les plaies.

Dans son réquisitoire, le vice-procureur précise que dans cette affaire, trois personnes ont écopé d’un rappel à la loi, et trois autres étaient déférées devant le tribunal. Parmi ces dernières, seul J-L.A s’est présenté. Les deux autres auraient quitté l’île. La victime, absente elle aussi lors de l’audience, a porté plainte et s’est constituée partie civile pendant l’enquête. Elle chiffre son préjudice à 7000 euros et réclame 10 000 euros de dommages et intérêts.

«On a tous été sans eau et sans électricité donc l’argument est difficile à entendre. Heureusement que la grande majorité des Saint-Martinois qui avaient besoin de chaleur et de réconfort ne sont pas allés voler», commente le parquet. Le vice-procureur requiert en plus d’une peine avec sursis et de 140 heures de travaux d’intérêt général (TIG), la non restitution du véhicule du colocataire qui avait été saisi par les enquêteurs «compte tenu de l’ampleur du préjudice».

«Je suis vraiment désolé», confie le prévenu très embêté pour son «coloc’ qui n’a rien demandé». Et d’ajouter pour sa défense : «je sais que j’ai l’air farfelu avec la façon dont je raconte les événements. Je n’ai jamais eu de problème avec la justice. Dans une situation exceptionnelle, on commet des actes exceptionnels».

Le tribunal déclare les trois prévenus coupables. Il condamne J-L. A. à 2 mois de prison avec sursis et 140 heures de travaux d’intérêt général, et les deux autres à trois mois de prison avec sursis et 400 euros d’amende. Il ordonne également la confiscation du véhicule et reçoit la constitution de partie civile de la victime. Les trois prévenus sont condamnés à lui verser solidairement 7000€.

Fanny Fontan