16.04.2018

Ivre, il perd le contrôle de sa voiture avec sept passagers à bord

Un jeune péruvien a comparu le 12 avril devant le tribunal de Saint-Martin pour avoir conduit en état d’ivresse et blessé involontairement ses passagers dans un accident de la route en juillet dernier.

«Comment fait-on rentrer huit personnes dans une petite voiture ? » s’est interrogé plusieurs fois le tribunal correctionnel de Saint-Martin, jeudi 12 avril. Comparaissait en effet le conducteur qui, le 13 juillet 2017, sous l’emprise de l’alcool, avait perdu le contrôle de son véhicule aux Terres Basses. Un accident au cours duquel ses sept passagers et lui-même lui avaient été, parfois grièvement, blessés.

Cette soirée de juillet a certainement démarré comme beaucoup d’autres à Saint-Martin. Sept étudiants viennent passer des vacances sur l’île. Pour célébrer les dix-huit ans de l’un d’entre eux, ils font la fête dans une discothèque de la partie hollandaise. Ils ont prévu de boire de l’alcool et réservent un taxi. Mais à leur sortie de la boîte, le taxi n’est pas là. Aucun des protagonistes, alors bien éméchés, ne se souvient clairement du déroulé des événements. Alors ils s’en tiennent à la version du plus sobre d’entre eux. Sur le parking, un jeune homme serait venu leur proposer de les ramener chez eux à Grand Case, pour 5 dollars par personne.

Le rabatteur d’un soir demande à son ami L.A avec qui il vient de faire la fête, de lui prêter sa voiture pour ramener les sept vacanciers à Grand Case. « J’ai refusé, c’était la voiture de ma mère», explique L.A, 25 ans, à la barre du tribunal. C’est pourquoi, malgré l’ivresse, il décide de prendre le volant. Les étudiants, soûls eux aussi, s’entassent dans la petite voiture : deux devant sur le siège passager, quatre sur la banquette arrière et le dernier allongé sur eux. Personne n’a attaché sa ceinture de sécurité. L.A roule trop vite sur la sinueuse route des Terres Basses. Ni la pluie, ni les cris des passagers qui pressentent l’issue tragique du trajet, ne le font ralentir. Puis c’est le virage de trop : la voiture s’encastre violemment dans un muret.

A l’arrivée des gendarmes, les pompiers sont déjà sur les lieux de l’accident. Par miracle, il n’y a pas de mort. Les blessés sont transportés à l’hôpital, et certains, dont l’état est plus critique, sont évacués en Guadeloupe. Le conducteur, un barman péruvien installé à Sint Maarten depuis plusieurs années, est contrôlé avec 1,84 mg/L d’air expiré. «C’est plus de quatre fois le seuil pour passer en correctionnelle (0,4 mg/L)», fait remarquer le vice-procureur dans son réquisitoire. Pour le parquet, dans ce dossier, «tous les protagonistes sont inconscients. À commencer par le conducteur.

Tous les passagers sont absents à l’audience. Quatre d’entre eux se constituent partie civile. Leurs ITT varient entre 30 et 90 jours pour notamment diverses fractures. Ils sont représentés au tribunal par leur avocate. Au cours de sa plaidoirie elle exhibe la photo de l’une des jeunes filles : une balafre de dix centimètres lui traverse le front.

Les victimes réclament une expertise médicale judiciaire et d’ici là, une allocation provisoire de 20 000 euros chacune pour les frais conséquents à leurs blessures. La compagnie d’assurance domiciliée à Sint Maarten chez laquelle est assuré le véhicule impliqué dans l’accident, doit indemniser les victimes, quel que soit le comportement du conducteur. L’avocat de l’assureur ne s’oppose pas à la demande d’expertise. Mais il veut que les provisions «soient ramenées à de plus justes proportions».

L.A reconnaît les faits. «Cette erreur le hante terriblement», avance son avocate qui parle d’«une énorme bêtise collective» et en appelle à l’indulgence du tribunal. D’autant plus, rappelle-t-elle, que son «client est de nationalité péruvienne et que bien des gens à sa place seraient partis sans comparaître».

Dans une lettre en anglais qu’il lit à voix haute devant le tribunal, L.A présente ses excuses aux victimes et leurs familles et assume l’entière responsabilité de l’accident, « même si les passagers ont vu qu’il était soûl avant de monter dans la voiture ».

Le vice-procureur précise que le prévenu, encourt jusqu’à trois ans de prison et n’a aucun casier judiciaire en France, ni à Sint Maarten.  Il requiert une peine symbolique de six mois de prison avec sursis ainsi qu’une interdiction de conduire un véhicule sur la partie française pendant deux ans.

Le jugement a été mis en délibéré le 14 juin. Les intérêts civils seront examinés lors d’une prochaine audience.

Fanny Fontan
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Un article qui commence avec un "Ivre virgule".
Une inspiration "France Inter" au Soualiga Post ?

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