16.09.2026

Achat des parcelles Beauperthuy : un nouveau montage financier, ce que cela pourrait coûter à la COM

«Une opportunité foncière exceptionnelle». L'acquisition par la Collectivité de 22 parcelles auprès de la succession Beauperthuy, soit quelque 198,45 hectares, est «une opportunité foncière exceptionnelle», la directrice des affaires juridiques de la Collectivité l'a répété plusieurs fois aux élus du conseil territorial en séance plénière jeudi dernier lors de la présentation du mode d'acquisition, lequel a évolué au cours des derniers mois.

En 2025, les élus avaient acté que ces 22 parcelles allaient être acquises par la COM et ses deux partenaires qu'étaient Terres Caraïbes (l'établissement foncier public de Guadeloupe) et la Semsamar ; respectivement chacun devait acheter 6, 13 et 3 parcelles pour 18, 13, et 6,9 millions d'euros. Soit un total de 38 millions d'euros.

Mais «une évolution de la stratégie d'acquisition s'en est suivie en 2026 et a abouti à la définition d'une politique globale davantage pertinente et stratégique», est-il expliqué aujourd'hui par la COM. Parce qu'il apparait plus judicieux «d’assurer la maîtrise publique de ces emprises et d’éviter leur dispersion ou leur cession à différents opérateurs privés, qui aurait pu compromettre la possibilité de conduire ultérieurement une politique d’aménagement cohérente à l’échelle de cet ensemble foncier», la COM a décidé d'acquérir, seule, l'ensemble de ces 22 parcelles, la Semsamar ne fait donc plus partie des partenaires. Toutefois, elle demeure intéressée, a affirmé Alain Richardson, vice-président de la COM et aussi P-Dg de la Sem, et pourrait acheter, plus tard, une partie de ces terrains.

Terres Caraïbes acquiert les 22 parcelles

Par ailleurs, un autre paramètre a été revu, celui du financement. Pour préserver «les équilibres budgétaires ainsi que sa capacité à financer les autres politiques publiques», la COM a préféré confier la totalité de l'acquisition à Terres Caraïbes et non plus acheter en son nom une partie des parcelles. Ce choix, selon Daniel Gibbs, a été dicté par le refus d'un financement bancaire.

Aujourd'hui, Terres Caraïbes confirme être prêt à acquérir les 22 parcelles pour le compte de la COM, au prix toujours de 38 millions d'euros. Pour cela, l'établissement foncier va contracter un prêt à La Banque des Territoires (ex Caisse des Dépôts et consignations). Une convention dite de portage foncier sur quinze ans va être conclue avec la COM. Durant cette période, la COM devra rembourser les 38 millions majorés des intérêts du prêt, de frais divers (s'il y a), et autres frais liés au portage. Le montant final exact n'est pas encore connu car il doit encore être négocié.

Toutefois des estimations ont été données en séance plénière. Dans le document relatif à la convention, le coût total s'élèverait à 56 millions d'euros à rembourser, soit 3,7 millions d'euros pendant quinze ans. En séance plénière, la directrice de Terres Caraïbes a expliqué avoir réussi à faire diminuer de 6 millions d'euros les intérêts du prêt en remboursant par annuité annuelle et non pas la totalité à la fin du prêt. Le coût total de l'acquisition pour la COM tomberait alors à 51 millions d'euros, soit 3,4 millions d'euros par an. Cela représente tout de même une majoration de 13 millions d'euros du montant sollicité par la succession Beauperthuy.
Si au cours de la convention, il est décidé de vendre des terrains, cela sera déduit du reste à rembourser. Terres Caraïbes revendra aux opérateurs qui auront été désignés par la COM, a-t-il été précisé. Tous les trois ans, un bilan des dépenses et recettes sera réalisé et, en fonction, le montant à remboursera sera ajusté.

Enfin, ce nouveau mode d'acquisition va «donner le temps à la COM le temps nécessaire pour définir, avec Terres Caraïbes, une stratégie d’aménagement cohérente à l’échelle de l’ensemble du foncier concerné», «un projet ambitieux, cohérent et durable à la hauteur des enjeux que représente cette opportunité foncière exceptionnelle».

Estelle Gasnet