31.08.2026

Rentrée scolaire : le rectorat fixe quatre priorités pour Saint-Martin

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, le recteur Gabriele Fioni s’est rendu vendredi 28 août au collège Soualiga, accompagné notamment du préfet Cyrille Le Vély et de la vice-rectrice Nicole Noilhetas. L’occasion de dresser un état des lieux de l’Éducation nationale à Saint-Martin et de présenter les priorités des prochaines années.

Le premier constat concerne les effectifs. Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont perdu 112 élèves entre 2025 et 2026, dont 39 dans le premier degré et 73 dans le second. Une baisse d’environ 1 % qui pourrait se poursuivre dans les années à venir.

Le niveau scolaire se montre « inquiétant ». Les évaluations montrent une dégradation des résultats en français et en mathématiques au fil de la scolarité. À l’entrée en sixième, environ 20 % des élèves maîtrisent les compétences évaluées en mathématiques, et seulement 19 % en français. Le taux de réussite au brevet atteint 51,4 % à Saint-Martin, contre 68,8 % au niveau académique et 81,6 au niveau national.

Face à ces difficultés, le rectorat annonce une feuille de route jusqu’en 2030 autour de quatre axes : les savoirs fondamentaux, le plurilinguisme, la lutte contre le décrochage et l’amélioration du climat scolaire.

Le rectorat veut faire de l’acquisition des savoirs fondamentaux une priorité majeure : lecture, écriture, mathématiques et raisonnement scientifique. Le plan lecture déjà engagé dans le premier degré doit être renforcé et étendu au second degré. L’objectif est notamment de développer la lecture régulière et à voix haute ainsi que la fluidité. Les mathématiques et la résolution de problèmes font également partie des priorités. L'objectif est d'amener chaque élève vers une pensée complexe et un raisonnement scientifique structuré.

Autre priorité : faire du plurilinguisme une force. Environ 12 % des élèves sont actuellement scolarisés en classes bilingues. Le rectorat souhaite développer ces dispositifs, renforcer la formation des enseignants et mettre en place davantage d’enseignements en langue étrangère. Une convention de coopération éducative avec Sint Maarten est également en préparation.

La lutte contre le décrochage fera également l’objet d’un travail renforcé. Les chiffres présentés font état de 177 jeunes décrocheurs en juillet 2026, dont 120 sans solution, des données qui doivent toutefois encore être vérifiées. Le rectorat souhaite surtout agir en amont, en repérant les difficultés dès l’école primaire. Enfin, le climat scolaire sera également surveillé de près. 113 faits d’établissement ont été déclarés en 2025-2026, dont 59,6 % correspondent à des atteintes aux personnes.

De son côté, le préfet a insisté sur deux autres enjeux : renforcer la coopération avec Sint Maarten sur des sujets comme l’éducation, l’eau ou l’énergie, et développer dès l’école une culture du risque, notamment face aux cyclones, séismes et tsunamis.

Cyrile POCREAU