25.08.2026

Harcèlement scolaire : "Garder le secret, c’est le laisser exister"

« Le harcèlement, c’est tous les propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie, se traduisant par une altération de la santé physique ou mentale » explique Sébastien Moulay. À la tête de la Maison de Protection des Familles (MPF) de Saint-Martin depuis 2024, l’adjudant-chef coordonne les actions de lutte et de prévention contre les violences intrafamiliales, les violences sexuelles et les atteintes aux personnes vulnérables.

La MPF intervient auprès des jeunes autour de trois grandes thématiques : les conduites à risque liées aux usages numériques, les addictions, mais aussi les violences, parmi lesquelles le harcèlement et le cyberharcèlement. Depuis le début de l’année 2026, elle a ainsi réalisé plus de 70 interventions de prévention dans les écoles de Saint-Martin.

Avec la création du programme pHARe en 2021, la lutte contre le harcèlement à l’école constitue une priorité du ministère de l’Éducation nationale, afin de garantir un cadre de vie favorable à la réussite de chaque élève. « Un enfant harcelé ne va pas toujours en parler, mais présente souvent certains signaux d’alerte : changement d’attitude, baisse des résultats scolaires, tristesse, fatigue, isolement ou comportements violents. Il peut également refuser d’aller à l’école ou se rendre malade » décrit Sébastien Moulay.

« Le harcèlement n’a pas d’âge. Chez les plus jeunes, il s’agit souvent de moqueries, notamment sur le physique. Chez les plus âgés, la dimension est davantage sociale, autour de l’appartenance à un quartier ou des relations amoureuses » indique-t-il, en précisant qu’avec les réseaux sociaux, le phénomène ne s’arrête désormais plus aux portes de l’établissement scolaire, entraînant une absence de répit pour les victimes.

Mais alors, comment réagir ? « Garder secret le harcèlement, c’est le laisser exister » souligne le gendarme. Si les faits se déroulent dans le cadre scolaire, l’adjudant-chef recommande de se tourner vers l’établissement, où des référents pHARe formés peuvent prendre en charge les victimes. Ceux-ci disposent également d’élèves ambassadeurs, capables de recueillir la parole de leurs pairs. Sébastien Moulay encourage par ailleurs toute personne témoin d’une situation de harcèlement à signaler les faits.

Pour les parents, consacrer du temps à leur enfant est également primordial afin de lui laisser l’espace nécessaire pour s’exprimer et prendre confiance en lui. Afin de permettre aux élèves, aux parents et aux professionnels d’obtenir des informations, de demander de l’aide ou de faire un signalement, le numéro national 3018 est également disponible gratuitement. « Ils ne sont pas seuls. Il y aura toujours quelqu’un pour les écouter » assure l’adjudant.

Dernier recours : la gendarmerie. Si les dispositifs de prévention et de médiation ne suffisent pas, et selon la gravité des faits, un dépôt de plainte est possible. Le harcèlement scolaire constitue une infraction pénale et les peines encourues varient selon l’âge de la victime et les circonstances. Elles peuvent aller jusqu’à plusieurs années d’emprisonnement et plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

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Cyrile POCREAU