05.08.2026

Insécurité : un bilan contrasté, les vols à main armée restent le principal défi

Réunis en préfecture vendredi 31 juillet à l'issue d'un État-Major de Sécurité, le préfet Cyrille Le Vély, la procureure de la République de Basse-Terre Stéphanie Bazart, la vice-rectrice Nicole Noilhetas et les représentants des forces de sécurité ont dressé le bilan de la lutte contre l'insécurité à Saint-Martin et Saint-Barthélemy pour le premier semestre 2026.

« Un semestre, ce n'est pas une année complète » a d'emblée rappelé le préfet, invitant à interpréter ces résultats comme des tendances. Parmi les points positifs, les services de l'État mettent en avant le renforcement de la lutte contre les trafics de stupéfiants, avec 36 contrôles de points de deal contre 26 un an plus tôt et une hausse de 56 % des infractions relevées(309) pour usage de stupéfiants.

Les forces de l'ordre ont également renforcé leur présence sur le terrain avec plus de 21 700 heures de patrouilles, dont un quart réalisées de nuit, soit une augmentation des opérations à hauteur de de 32 %. Cette mobilisation s'est traduite par une baisse notable des homicides, avec un seul meurtre recensé depuis le début de l'année contre six au premier semestre 2025.

En revanche, les atteintes aux personnes (+6 %) et aux biens (+8 %) repartent à la hausse, tout comme les violences intrafamiliales (+1,4 %). Une évolution que le préfet juge « contenue », mais qui nécessitera de nouvelles actions au cours des prochains mois.

Les vols à main armée, priorité absolue

Avec 78 faits enregistrés au premier semestre et 22 auteurs interpellés depuis le début de l'année, le phénomène reste particulièrement préoccupant. « C'est une spécialité saint-martinoise » a reconnu la sous-préfète Marie-Hildegarde Chauveau, décrivant un profil d'auteurs souvent jeunes, circulant en deux-roues et ciblant aussi bien les touristes que les commerces de proximité.

Pour enrayer cette délinquance, les autorités misent sur une présence renforcée sur la voie publique, une réponse judiciaire rapide et le développement de la prévention. Le préfet a également confirmé que le développement de la vidéoprotection figure parmi les projets discutés avec le président de la Collectivité. Il a également annoncé qu'il recevra désormais les victimes de vols à main armée qui souhaiteront le rencontrer.

La procureure Stéphanie Bazart a, de son côté, insisté sur la fermeté de la réponse pénale. Au 30 juin, 44 comparutions immédiates avaient déjà été prononcées, contre 75 sur l'ensemble de l'année 2025. Le dispositif judiciaire sera renforcé dès le 1er septembre avec l'arrivée d'un troisième magistrat à Saint-Martin ainsi que l'installation d'un juge d'instruction, afin d'assurer un traitement plus rapide des affaires les plus sensibles.

Enfin, la vice-rectrice Nicole Noilhetas a alerté sur les violences en milieu scolaire. Sur les 113 faits signalés au cours de l'année scolaire 2025-2026, plus de la moitié concernent les écoles primaires. La sécurisation des établissements et la prévention des violences figurent désormais parmi les priorités de l'Éducation nationale, avec l'objectif de lutter plus largement contre les mécanismes qui alimentent la délinquance.

Cyrile POCREAU