20.04.2026

La COM choisit un candidat pour construire un hôtel naturiste à la Baie O.

L'année dernière, la Collectivité a reçu une demande spontanée d'une société, la SAS Griselle, de construire et exploiter un hôtel sur deux parcelles qui lui appartiennent, les AW 244 et 809 à la Baie orientale (partie sud). Comme le veut la loi, la COM a lancé un avis d'appel à manifestation d'intérêt spontané afin de savoir si d'autres personnes envisageaient un tel projet sur ces deux mêmes parcelles. C'est ainsi que la société Club Orient Hôtel s'est aussi positionnée.

Les deux candidats affichent la même ambition : «édifier un hôtel de luxe avec des prestations de très haut niveau» pour une clientèle adepte du naturisme. L'établissement étant sur des parcelles du domaine public, c'est à la COM de sélectionner la société à qui elle délivrera l'autorisation d'occupation du temporaire (AOT). Pour cela, ses services ont analysé les offres et établi une comparaison.

Ce rapport a été présenté au conseil exécutif réuni le 16 avril. Sa lecture a permis aux élus de constater que «le plus nombre de critères bénéficiait à la société Griselle» (quatre contre deux ; et cinq communs), aussi ont-ils validé cette candidature et l'autorisation de signer avec elle un bail emphytéotique administratif d'une durée de soixante ans.

Bien que le Club Orient Hôtel estimait créer 180 emplois permanents et 400 emplois indirects (contre 150 permanents et 300 indirects dans l'autre projet) et prévoyait un chiffre d'affaires annuel de 15 millions d'euros (contre 8 à 9 millions dans l'autre projet), il n'a pas été retenu. Les élus ont été davantage convaincus par l'investissement de 41 millions d'euros annoncé par Griselle (contre 16 à 20 millions pour le Club Orient Hôtel), une pérennité d'occupation de "35 ans minimum" par Griselle (contre un pacte d'associés de 10 ans) et un délai d'ouverture d'ici 36 mois (contre 48 à 52 mois).

En revanche, la COM a noté dans les deux cas une «parfaite » connaissance du site ; dans le projet Griselle les associés sont «d'anciens propriétaires du Club Orient et d'Orient Beach Club», dans l'autre projet il s'agit d'associés du «Club Orient Hôtel copropriétaires du SDC Baie orientale».

Une fois l'hôtel ouvert, l'exploitant devra s'acquitter auprès de la Collectivité d'une redevance annuelle de 36 000 euros, le montant imposé par la COM et non négociable. Par contre l'a été le montant de la redevance à payer avant l'ouverture du site ; la SAS Griselle a proposé 35 000 euros par an et le Club Orient Hôtel 30 000 euros par an, critère qui a également séduit les élus.

Enfin, l'exploitant devra aussi verser une redevance en fonction du chiffre d'affaires (CA) réalisé : 6 % si le CA est supérieur à 12 millions d'euros par an, 7 % s'il est compris entre 10 et 12 millions, 8 % s'il est compris entre 5 et 10 millions, 10 % s'il est inférieur à 5 millions d'euros. Au regard des chiffres d'affaires estimés annoncés, Griselle verserait une redevance variant entre 640 000 et 720 000 euros par an, l'autre candidat une redevance de 900 000 euros.

La COM estime que «les retombées fiscales et redevances issus des investissements, bénéficieront » à Saint-Martin. La date de signature de la convention de bail n'a pas encore été communiquée.

Estelle Gasnet