En 10 ans, l'abattoir a fermé 5 fois et fonctionné moins de 30 mois
L'ouverture s'était déjà révélée laborieuse. Alors que le bâtiment était livré, la structure ne pouvait pas fonctionner : l'abattoir était trop proche de la cuisine centrale. Lorsque la décision d'installer l'abattoir sur ce site à Millrum a été votée par les élus en 2001, lorsque le permis de construire a été délivré en 2006, la cuisine centrale n'existait pas encore, elle n'a été construite qu'après.
A l'époque, le choix du lieu interrogeait. La cuisine centrale a été placée à 35 mètres de l'abattoir alors que la loi impose une distance d'au moins 100 mètres pour des raisons de sécurité sanitaire. Sans surprise, l'abattoir livré en 2009 ne pouvait pas recevoir l'agrément obligatoire. Des travaux supplémentaires ont dû être réalisés afin de limiter le risque de pollution de la cuisine centrale.
Côté cuisine centrale, la présence de l'abattoir a aussi posé problème. Des aménagements supplémentaires ont été nécessaires. Au final, la cuisine a été la première à recevoir l'agrément sanitaire et a débuté son activité à la rentrée scolaire 2011.
En 2011, les éleveurs avaient aussi eu l'espoir que l'abattoir ouvre dans la foulée. Fin 2012, les travaux compensatoires étaient toujours discutés (prétraitements de l'effluent qui chemine les eaux usées jusqu'à la station d'épuration, mur écran entre l'abattoir et la cuisine centrale, etc.). Indépendamment du risque de pollution de la cuisine centrale, des aménagements à l'intérieur du bâtiment tout neuf manquaient pour satisfaire les normes sanitaires (comme l'isolation thermique de la salle d'abattage).Fin 2012, début 2013, une autre lueur espoir naît : une dérogation préfectorale (dans l'attente de l'agrément sanitaire) pourrait être accordée rapidement, en juin. L'inauguration est programmée en novembre 2013 mais sera reportée.
Ce n'est qu'en novembre 2015 que l'abattoir débute son activité commerciale après avoir été inauguré en juin de la même année. Néanmoins, les problèmes réapparaissent et l'abattoir de Saint-Martin va vivre au rythme des fermetures provisoires et des (re)mises aux normes.
La première fermeture a lieu en juillet 2016, soit huit mois après le début d'activité. Les services vétérinaires avaient demandé l'arrêt provisoire de l'équipement pendant trois semaines à cause de problèmes d'électricité.
Septembre 2017, l'ouragan Irma endommage fortement la structure qui n'est plus opérationnelle. Après plusieurs mois de travaux, l'abattoir rouvre en 2019 mais ferme pour travaux. Il rouvre début 2021. Mais pour quelques semaines : avril 2021, nouvelle fermeture car la structure n'est pas rentable. Elle ne rouvrira qu'en octobre 2022 après des «travaux indispensables à son fonctionnement» avec, toutefois, un agrément provisoire qui ne sera pas renouvelé début 2023 car il y a (encore) 25 points non conformes. L'abattoir est fermé pour la cinquième fois alors.
La Collectivité décide alors de le réhabiliter et de le mettre aux normes l'abattoir. Cet énième chantier est lancé en 2024 et s'achève en 2025. Mi-janvier 2026, la COM annonce la mise en service de l'abattoir.
Au total, l'abattoir a fonctionné moins de trente mois en dix ans et a coûté près de 4 millions d'euros à la COM, l'Etat, la Guadeloupe (dans une moindre mesure) et à l'Europe, celle-ci ayant contribué aux deux-tiers du financement global. La construction initiale avait nécessité un investissement de 1,034 million d'euros, la phase de rénovation post Irma 1,07 million d'euros et la récente réhabilitation 1,744 million d'euros. Sans compter les quelque 100 000 euros de travaux compensatoires avant l'ouverture de 2015.
«Après plusieurs années de complexité technique, administrative et financière, l’abattoir de Saint-Martin a été entièrement livré, avec des installations fonctionnelles et conformes aux exigences du cahier des charges et normes en vigueur », indique la Collectivité.








