09.03.2016

BLOCAGE : le comité n'a plus autant de soutiens que le 22 octobre

Le comité Saint-Martin Wake up ne rassemble pas autant qu'il avait pu le faire sur le dossier du PLU.

Si le 22 octobre dernier, le comité Saint-Martin Wake up avait eu un soutien certain d’une partie de la population au sujet du plan local d’urbanisme (PLU) et de la nécessité, selon lui, de le modifier et d’arrêter l’enquête publique en cours, aujourd’hui ce même comité ne rassemble pas autant. La principale critique formulée est qu’il n’agit pas dans l’intérêt général, contrairement au 22 octobre. Les nombreux commentaires sur les réseaux sociaux dénoncent en effet une action individuelle qui donne une mauvaise image de l’île. D’autant plus que le blocage intervient au premier jour d’un festival de musique électronique qui draine des touristes et journalistes du monde entier.

Depuis plusieurs jours, les restaurateurs qui dénoncent un loyer élevé pour l’exploitation des carbets à la Baie orientale, font l’objet de critiques. «S’ils ne veulent pas, qu’ils nous donnent leur place… Moi je veux bien le prendre le loyer, même à 2500 €… », a-t-on pu lire notamment sur les réseaux sociaux. Pour rappel la COM a reçu plus de 80 demandes et a dû faire une sélection de 22 exploitants dont 8 restaurateurs. A noter que les premiers restaurateurs ont signé un contrat avec la COM à 2500 euros par mois, avant même qu’une révision à la baisse à 2 200 € soit opérée (un avenant a ensuite été fait).

Le dossier a pris une tournure politique. Reste à voir la réaction de la Collectivité, si elle va céder ou non aux revendications (9 mois de loyer gratuits, obtention des clés des carbets sans signer de convention, etc.). Si elle cède, c’est la porte ouverte à d’autres revendications.

La COM a déjà cédé à deux reprises : le 22 octobre en arrêtant l’enquête publique liée au PLU et en février dernier en révisant les montants des loyers. Entre temps, elle avait aussi voté l’interdiction des transats sur la plage de Grand Case, une revendication qui avait aussi été portée par le comité Saint-Martin Wake up.

Dans cette affaire, si la majorité veut montrer qu’elle est toujours aux commandes de la COM, elle ne doit pas céder. Si elle répond favorablement à certaines requêtes, elle verra sa crédibilité et sa légitimité (encore) baisser. Le risque, en ne cédant pas, est de provoquer un malaise sociétal et des conflits à caractère raciste.

Le comité a indiqué vouloir intensifier les barrages s’il n’obtenait pas gain de cause. La préfète a elle indiqué qu’elle solliciterait l’intervention des gendarmes pour lever les barrages s’ils ne le sont pas d’ici à demain matin. L’intervention des forces de l’ordre est très délicate et peut générer davantage de complications. Le risque est de dresser une partie de la population contre une autre et de voir la diffusion de message contre l’Etat ; des messages qui avaient pu être entendus lors de la présentation du PLU par les élus au public il y a un an, des messages du genre «ce n’est pas à l’Etat de nous dire ce qu’on nous doit faire, de gérer Saint-Martin».

C’est pour cela que le dialogue doit être privilégié au maximum et que les décisions doivent être prises dans l’intérêt général ; à la condition d’avoir la même notion de l’intérêt général.

Estelle Gasnet
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Commentaires

Merci pour cette belle synthése au plus près d'une réalité riche et complexe, l'info locale, si vivante, parfois tragique, toujours intéressante semble enfin être relayée de manière efficace . Une modernité indispensable dans une belle réflexion.....Longue vie à soualiga post.com