26.02.2016

Le temps des enfants gâtés a assez duré

Guillaume Arnell met les points sur les i dans le cadre de l'affaire des carbets de la BO.

Il y a des contre-vérités qu'on perpétue à dire pour mettre en difficulté la Collectivité et avoir l'appui de la population qui, elle, ne dispose pas de tous les éléments pour apprécier la situation, a déclaré Guillaume Arnell en sa qualité de premier vice-président en préambule d'une conférence de presse qu'il a tenue vendredi matin au sujet des carbets de la Baie orientale.

Sur les huit exploitants retenus par la COM dans le cadre de l'attribution des AOT pour les restaurants, seuls trois, mécontents, n'ont à ce jour pas signé la convention car ils estiment, notamment, le loyer trop élevé ; loyer qui est de 2 200 euros par mois après avoir été révisé. Au delà de la considération économique, c'est devenu un sujet politique. Comme l'a été le plan local d'urbanisme. Mais, aujourd'hui, Guillaume Arnell durcit le ton. Et dit tout haut ce que beaucoup disent tout bas depuis le début de cette affaire, à savoir que les AOT d'avant étaient sous louées à des prix excessifs. En toute impunité.

«Dans les années 1980, Albert Fleming avait fait ériger des constructions sur la plage et les avait données en gérance à des Saint-Martinois», commence à raconter Guillaume Arnell. Le montant de l'AOT était de l'ordre de 400 à 500 euros par mois. «Puis les Saint-Martinois ont compris le système... Ils ont été victimes de l’appât du gain et ont sous-loué leur restaurant pour des sommes colossales», poursuit-il. Soit quelque 4 000 dollars par mois pour certains. Sans pour autant reverser de loyers à la commune puis à la COM de manière régulière, au prétexte que les AOT étaient périmées.

Aujourd'hui, ils se retrouvent pris à leur propre piège. La Collectivité a rédigé de nouveaux contrats. A attribué de nouvelles AOT dont les conventions stipulent bien selon la loi française que la sous-location est interdite. Autrement dit, ils doivent eux-mêmes exploiter et tirer directement leurs revenus de cette activité. Ils doivent aussi payer chaque mois un loyer et déclarer la TGCA... Les conditions du business ne sont donc plus les mêmes.

«On nous dit que les loyers sont trop chers... Je veux bien analyser la situation mais personne n'est en mesure de nous donner un bilan pour pouvoir estimer sa part dans le chiffre d'affaire ! », rapporte l'élu qui n'accepte pas non plus les critiques relatives à l'architecture. «Il faut savoir que nous ne pouvons pas construire en dur sur la plage dans le cadre d'une AOT ; c'est pourquoi nous avons choisi du bois. De plus, on nous dit qu'il est impossible de faire un bar à l'intérieur... C'est faux car certains l'ont fait», explique l'élu tout en demandant au directeur du service de l'urbanisme de montrer une vidéo le prouvant.

«Le temps des enfants gâtés a assez duré», déclare fermement Guillaume Arnell pour qui, les trois restaurateurs mécontents n'ont qu'une ambition, celle de vouloir «déstabiliser la Collectivité».

Estelle Gasnet