29.05.2019

1 milliard d'euros de chiffre d'affaires générés par les récifs coralliens en outre-mer

Souvent reléguée en bas des priorités, la protection des récifs coralliens est pourtant importante. De plus est dans les territoires outre-mer français qui abritent 90 % de la biodiversité française.

«La valeur économique des récifs coralliens en outre-mer est estimée à 1 milliard d’euros», confie Nicolas Maslach, directeur de la Réserve nationale de Saint-Martin. En d’autres termes, ils permettent de générer un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros dans les territoires outre-mer français à l’exception de Saint-Pierre et Miquelon qui n’en possèdent pas.

Le tourisme bleu lié aux récifs pèse à hauteur de 280 millions et attire un million de personnes en outre-mer (plongée sous marine, etc.). La pêche permise grâce aux habitats de nurserie, représentent 180 millions d’euros.

Au total ce sont 50 000 personnes dans les DOM-COM qui vivent grâce aux récifs coralliens.

Constituant une protection des côtes en cassant la force de la houle, il est estimé que les récifs permettent d'économiser 470 millions d'euros d'aménagement des littoraux dans les outre-mer.

Pourtant, les récifs sont détruits par les activités humaines. «Au niveau mondial on estime que 20 % des coraux sont définitivement détruits et seulement 30 % sont en bonne santé», fait remarquer le directeur de la réserve.

Les récifs à Saint-Martin sont aussi concernés. «Malgré les mesures de protection comme la création de zones naturelles et protégées, ils sont mis à mal», note-t-il. «L’une des principales causes est le rejet d’eaux usées, précisément celles qui contiennent des molécules chimiques issues de médicaments. On les trouve dans les urines et comme elles ne sont pas traitées par les stations d’épuration, elles vont dans la mer », ajoute-t-il.

Autre cause de destruction des récifs, l'utilisation de crèmes solaires, l’urbanisation des littoraux et les activités liées à la plaisance et au nautisme. «C’est pourquoi celles-ci doivent être encadrées et autorisées dans un esprit de durabilité», convient Nicolas Maslach. «C’est là tout l’enjeu de la Réserve naturelle à Saint-Martin ».

(crédit photo : Mazéas Franck, “Poisson 1,” Documentation Ifrecor).

Estelle Gasnet
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Commentaires

«L’une des principales causes est le rejet d’eaux usées, précisément celles qui contiennent des molécules chimiques issues de médicaments. On les trouve dans les urines et comme elles ne sont pas traitées par les stations d’épuration, elles vont dans la mer »

Et pourquoi ne sont-elles pas traitées par les stations d'épuration ? dont la fonction est bien... de tout épurer.