15.03.2016

Le premier recensement du patrimoine bâti a démarré

Afin de pouvoir mettre en œuvre sa politique culturelle de conservation et de valorisation du territoire, la Collectivité a lancé la première campagne de recensement du patrimoine bâti de Saint-Martin le 16 février.

La première campagne de recensement scientifique du patrimoine bâti du territoire a démarré le 16 février. L’objectif est d’identifier, recenser et connaître l’héritage historique et culturel de Saint-Martin afin de pouvoir le valoriser. La Collectivité de Saint-Martin a ainsi engagé une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), confiée à un groupement de prestataires, EURL Robin-Clerc/Art2 Conseil, représenté par Michèle Robin-Clerc, architecte urbaniste expert et Elisabeth Dandel, historienne de l’art, spécialiste de l’inventaire culturel.

La prospection aura lieu sur l’ensemble du territoire, dans les zones rurales comme dans les zones urbaines, sur le littoral et les mornes, dans tous les quartiers et lieux-dits de Saint-Martin. «Il ne faut pas s’étonner de croiser ces deux scientifiques munies de planches à croquis, appareils photo et outils de mesures» a déclaré Stéphanie Dargaud, Directrice des Archives territoriales et du patrimoine lors d’une conférence de presse organisée dans les bâtiments de la COM le 11 mars dernier. Le service pilote et supervise la prestation.

C’est la loi du 4 août 1962 qui entérine le principe de création de l’«inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France» sous l’impulsion d’André Malraux, alors ministre de la Culture et d’André Chastel, historien de l’art. «Une mission régalienne transférée aux régions par la loi du 13 août 2004» rappelle Aline Hanson, la présidente de la COM, lors de cette même conférence. La loi organique permet donc à Saint-Martin d’assumer la responsabilité et le pilotage de l’Inventaire général.

 

L’IMPLICATION DE LA POPULATION JUGEE ESSENTIELLE

Démarrée dans les quartiers 2 à 6, cette mission de recensement du patrimoine bâti s’étalera en tout sur douze mois et comprend deux étapes. Même si «le travail a commencé en métropole en amont, dans les archives nationales d’Outre mer à Aix-en-Provence et à la médiathèque du patrimoine à Paris» a précisé Elisabeth Dandel. Sur place, la première étape (prévue jusqu’en mai) consiste en une recherche de documents historiques couplée à une observation sur le terrain et des discussions avec les habitants. Les prospections ont ainsi démarré à Saint-James, à Marigot, à Colombier et à Grand Case pour se poursuivre à Sandy Ground, Quartier d'Orléans et Terres-Basses. Des badges et une lettre d’accréditation spécifique ont été fournis aux prestataires leur permettant d’être reconnus par les habitants des quartiers.

Comme l’a expliqué Stéphanie Dargaud, qui a rencontré les représentants des conseils de quartiers lors d’une réunion le 15 février, ces discussions sont indispensables au bon déroulement de l’enquête. Certaines informations n’ont en effet aucune trace écrite : la date de construction, l’organisation spatiale de certaines parcelles … «Les puits, et autres points d’eau, ainsi que les arbres ont toujours structuré l’architecture et l’habitat. Il y a beaucoup de dispositifs ingénieux à rerévéler.»

La transmission des connaissances concerne la deuxième étape de la mission scientifique. Une fois collectées, les informations devront être analysées puis rassemblées dans une base de données. Un outil informatique, actuellement en cours d’élaboration, devrait permettre, à terme, de rendre ces informations accessibles à tous. «Une présentation finale de ce travail d’étude sera présentée au public à la fin de la mission (1er trimestre 2017). Nous ne manquerons pas de faire un bilan intermédiaire de cette opération auprès de la population.» a assuré Aline Hanson. Et d’ajouter : «Il est nécessaire aussi que les jeunes sachent que Saint-Martin a vécu des marais salants avant le tourisme». Elle appelle donc la population à bien accueillir les scientifiques.

 

Exemples d’éléments patrimoniaux concernés par ce recensement

• Les murets en pierre sèche

• Les cases

• Les maisons dites « bourgeoises »

• Les anciennes plantations ou exploitations agricoles industrielles

• Les puits

• Les églises

• Les bâtiments publics

• Les cimetières et tombes privées

• Les ensembles à vocation touristique

• Les anciennes fortifications ou systèmes de défense

• Les salines

• Les ruelles ou aménagements urbains caractéristiques de Saint-Martin

 

Fanny Fontan