07.11.2019

Il cherchait à vendre 3 armes qu’il avait commandées aux USA

Un Saint-Martinois de trente ans a été condamné à un an de prison ferme pour détention d'armes et munitions de catégorie B sans autorisation.

Parce qu’il «a contribué à la circulation d’armes qui peuvent servir à des braquages», le tribunal correctionnel de Saint-Martin a condamné mercredi matin AP, âgé de vingt-neuf ans, à un an de prison ferme et à une interdiction de détenir des armes durant une période de cinq ans. Un mandat de dépôt a aussi été prononcé, le jeune Saint-Martinois a été transféré en Guadeloupe l’après-midi même.

Il est reproché à AP d’avoir transporté et détenu trois armes dont deux pistolets semi-automatiques, de catégorie B et dix-neuf cartouches sans autorisation ainsi que de les vendre ; toutefois la cession n’était pas un chef de prévention retenu.

Le 2 novembre, soit samedi dernier, AP est arrêté au volant d’une voiture de location par les gendarmes lors d’un banal contrôle routier. Les militaires voient un sac entre les deux sièges, l’ouvrent et découvrent les trois armes avec les munitions. AP est aussitôt interpellé et placé en garde à vue puis en détention provisoire. Des perquisitions ont lieu à son domicile ainsi qu’à celui de sa mère mais n’ont permis aucune autre découverte.

Il a été convoqué mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin en comparution immédiate. «Il y a trop de violences à Saint-Martin. Ce n’est pas un fait banal, il fallait une réponse pénale immédiate», a justifié le vice-procureur qui l’a déferré. «Ce sont des armes de guerre et des cartouches de calibre 40», a-t-il insisté. Plutôt lors de l’audience, un juge avait déjà qualifié le prévenu de «fournisseur de moyens de donner la mort».

Lors de son audition par les gendarmes et à nouveau à la barre, AP a avoué avoir commandé cinq armes aux Etats-Unis en vue de les revendre à Saint-Martin. «Je n’avais jamais eu l’intention de les garder », assure-t-il. «Je voulais faire un bénéfice qui apparemment me coûte cher aujourd’hui… Je voulais m’acheter une caisse, une voiture», se justifie-t-il devant le tribunal. Son conseil complète que son client a un prêt bancaire d’environ 12 000 euros et que l’ancien employeur d’AP – une entreprise de BTP – avait tardé à lui payer ses salaires et l’avait licencié suite à une absence injustifiée. Mais le parquet de faire remarquer que, depuis, AP a retrouvé un emploi déclaré à Saint-Barth, qu’il touche 2 000 euros par mois et que son employeur lui paie le loyer et le transport puisqu’AP vit en principe chez sa grand-mère à Saint-Martin.

AP a en outre expliqué avoir passé commande des armes auprès de WD aux Etats-Unis via DC et avoir reçu le colis le mois dernier en partie hollandaise. «Il s’agit d’une plate-forme où l’on reçoit des colis et où il n’y a aucun contrôle », a précisé le vice-procureur. A l’intérieur du colis il y avait cinq armes dont deux que AP avait déjà vendues «sans jamais avoir touché l’argent ». Il a indiqué que le prix moyen d’une arme variait entre 1 500 et 2 500 dollars selon le modèle et l’état. Avec les armes retrouvées en sa possession, il espérait gagner 8 000 dollars.

AP dont le casier judiciaire est vierge, a garanti qu’il s’agissait de sa première commande et avoir compris la gravité de cet acte lorsqu’il a été arrêté. Il avait demandé à ne pas aller en prison pour ne pas perdre son emploi, préférant réaliser un travail d’intérêt général.

Les armes saisies dont le numéro de série était limé, n’ont pas encore été détruites, «elles sont rattachées à une deuxième procédure qui permettra de dire si elles ont déjà servi ou non dans d’autres affaires», a précisé le représentant du ministère public.

Estelle Gasnet

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