12.06.2019

Condamné à six mois de prison ferme pour avoir tiré sur quelqu'un

Un homme a été présenté devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin selon la procédure de comparution immédiate.

Il n’a pas arrêté de pleurer durant l’audience. RR, chef d’entreprise, pas tout à fait trente ans et natif du Guyana, comparaissait mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin pour avoir tiré à trois reprises sur un individu et détenu une arme de catégorie B sans autorisation.

Samedi 8 juin, GD, la victime, se présente à Concordia chez RR – en l’occurrence chez sa compagne, lui est propriétaire d’un autre logement sur la marine Royale qu’il loue. Comme ils en ont l’habitude, GD effectue des travaux chez RR contre de la nourriture, etc. A la mi-journée, GD part et revient en début d’après-midi dans un état très nerveux, rapportent RR et sa compagne. Et rapidement la situation dégénère. GD insulte RR et menace de tuer sa femme et ses enfants. Entendant l’altercation, la compagne sort de la maison et demande à GD de sortir de chez elle. Celui-ci s’exécute, du moins recule derrière le portail puis rentre à nouveau dans la propriété armé d’un marteau et d’un parpaing. La femme craint pour ses enfants qui sont dehors et rentre à la maison. Mais «sur le chemin de la maison», elle entend un coup de feu. Elle se précipite à l’intérieur

Son compagnon est allé entre temps dans la remise – pièce attenante à la maison- pour y prendre un pistolet, une arme qui était chargée et qu’il dit avoir trouvée il y a dix, douze ans. Et tire «dans les pieds » de GD qu’il va toucher aux bras et jambes. «Le médecin légiste fait état de six orifices d’entrée et de sortie», note la juge.

RR prend alors sa voiture «pour aller trouver les gendarmes qu’il connaît à la Savane», explique-t-il. «Mais fait un crochet par Galisbay pour jeter l’arme dans la mer», précise la juge. Le pistolet ne sera toutefois pas retrouvé malgré les recherches et les plongées des gendarmes.

Pendant ce temps, la compagne prévient gendarmes et pompiers et prodigue les premiers soins à la victime. Toujours hospitalisée à ce jour, elle a eu une ITT de 45 jours. Elle s’est constituée partie civile par le biais de son avocat, l’affaire a été renvoyée sur intérêt civil en septembre.

Soutenu par une douzaine de proches à l’audience, RR ne cesse de pleurer à la barre. Il se dit «triste» d’avoir commis cet acte mais assure avoir agi en légitime défense. «Il menaçait ma famille, je voulais la protéger», répète-t-il. «La prochaine fois je lui demanderai de quel côté il veut me frapper», dit-il au tribunal en prenant sa tête entre les mains.

«On a effectivement le droit de se défendre, mais la riposte doit être proportionnelle à l’attaque», répond le vice-procureur. «Dans la remise où vous avez pris l’arme, il y avait aussi des morceaux de bois, de métal, des outils. Pourquoi n’avez-vous pas pris un morceau de bois pour vous défendre ?», lui demande-t-il. Et d’insister : «pourquoi avez-vous tiré à trois reprises ?»

A cette question, l’avocat de RR répondra dans sa plaidoirie. «Voyant que GD n’a pas reculé et a ressaisi le marteau, mon client a tiré une deuxième fois », suppose-t-il en interprétant la présence de sang sur le manche du marteau. «S’il y a du sang, cela veut dire que GD l’a pris après avoir été blessé. Cela ne lui avait pas fait peur et il continuait de menacer mon client qui a donc tiré une deuxième fois», conçoit-il.

«Ici à Saint-Martin on a un usage facile des armes. On a l’impression qu’on n’a pas conscience de la qualité, de l’intérêt de la vie», commente le vice-procureur en rappelant trois récentes affaires liées à des armes dont la mort du touriste canadien il y a quelques jours. «Ici on a une arme comme on a un canif pour ouvrir sa boîte de sardines. On n’est plus au temps des western quand on était à cheval avec une arme à la ceinture», poursuit-il. Et de raconter l’incident survenu lors de la reconstitution des faits : «un individu qui s’est dit être le demi-frère de la victime, est arrivé sur les lieux pour se venger… avec un coutelas à la main ! Il a brandi son coutelas devant les gendarmes ! »

Tout comme la présidente du tribunal l’avait souligné plus tôt lors de l’audience, le vice-procureur affirme que RR aurait dû adopter le même comportement que sa compagne qui, bien que menue, s’est montrée «courageuse» - ou «inconsciente» selon l’avocat- en allant se placer devant GD pour lui dire de partir et est rentrée à l’intérieur.

Le représentant du ministère public a requis une peine de trois ans de prison dont un an assorti du sursis mise à l’épreuve comprenant l’obligation de soins (addiction au cannabis) et une interdiction de détenir une arme soumise à autorisation pendant dix ans. Il a aussi demandé un mandat de dépôt.

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné RR à une peine de deux ans de prison dont dix-huit mois assortis du sursis mise à l’épreuve durant trois ans avec l’obligation de soins, de travailler en sortant de prison, interdiction d'entrer en contact avec la victime et obligation de l’indemniser et une interdiction définitive de détenir une arme soumise à autorisation. Le maintien en détention a aussi été prononcé.

RR sera transféré dans l’après-midi en prison en Guadeloupe. Il devait se marier le mois prochain et avait confié avoir arrêté de fumer il y a six jours.

Estelle Gasnet
2 commentaires

Commentaires

cette ile devient n'importe quoi on tire sur les gens avec des armes sans avoir un permis et pour n'importe quoi ... on fait du cinéma au tribunal et on s'en sort presque acquitté... qui dit mieux..en plus cette personne fait travailler quelqu'un au black contre de la nourriture mieux que l'esclavage... un drogué de surplus... 6 mois c pas cher payé... et le tout au frais du con tribuable et pourquoi pas purgé sa peine au guyana cela le calmera

Ou dans les prisons russes, c'est bien ça les prisons russes, les plus durs au Monde.....

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