11.06.2019

Deux jeunes condamnés pour une série de braquages dans des épiceries de Q.O

Ils étaient présentés en comparution immédiate vendredi 7 juin devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin.

Entre le 17 et le 29 avril dernier, cinq épiceries de Quartier d’Orléans ont subi des vols à main armée. A chaque fois, le même mode opératoire a été employé : deux hommes masqués et porteurs d’une arme de poing entraient dans la supérette, menaçaient les employés pour s’emparer du tiroir caisse, puis quittaient les lieux à bord d’une voiture que conduisait un troisième homme. Toutefois pour le cinquième vol, la voiture était différente.

S.L et un jeune homme surnommé Teddy, tous deux âgés de 19 ans, étaient convoqués vendredi 7 juin devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin dans le cadre de la comparution immédiate. Ils étaient tous deux placés sous contrôle judiciaire depuis la sortie de leur garde à vue quinze jours plus tôt. Seul S.L s’est présenté à l’audience, accompagné de son avocat. Leurs casiers judiciaires respectifs sont vierges. En revanche ce n’est pas le cas de J.M, identifié comme étant le conducteur de chacun des vols, qui sera jugé en partie hollandaise où il est impliqué dans d’autres affaires similaires.

Pour que les deux prévenus soient jugés à Saint-Martin, le ministère public avait qualifié les vols non pas de vols à main armée, mais de vols avec trois circonstances aggravantes : en réunion, avec violence n’ayant pas entraîné d’ITT, et avec le visage dissimulé, commis entre le 17 et le 29 avril dernier. Les auteurs étaient également poursuivis pour recel de véhicule, détention, port et transport d’armes de poing (un pistolet automatique et un fusil à canon).

Une erreur s’était glissée dans la rédaction des chefs d’inculpation concernant la détention d’arme, puisque la période s’étendait du 17 avril (et au 29 septembre 2019 comme il était écrit). L’avocat de la défense a relevé cette irrégularité et tenté de faire valoir la nullité de la citation ce que le tribunal a refusé avant de requalifier le chef d’inculpation et corriger la date.

Comme lors de sa garde à vue, S.L a reconnu avoir participé au vol du 29 avril. Il était avec son ami d’enfance Teddy et aurait suivi les ordres d’un homme de Saint Kitts qu’ils venaient de rencontrer à Dutch Quarter. « On voulait se faire un peu d’argent comme c’était le carnaval (de la partie hollandaise, ndlr) et qu’on n’en avait pas » raconte le jeune homme Le qui vit chez sa mère à Quartier d’Orléans.

Les deux compères ont donc suivi l’instigateur des faits et S.L est rentré dans la supérette avec lui. « Il a menacé la dame avec son arme, a pris la caisse, me l’a donnée et m’a dit de retourner dans la voiture » indique S.L qui assure que l’arme que lui portait était factice et n’avoir fait qu’obéir aux ordres de l’homme de St. Kitts. Une fois qu’ils sont tous remontés dans le véhicule et repartaient vers Dutch Quarter, le pneu avant a crevé. Obligés de s’arrêter ils se sont répartis le butin - S.L dit avoir reçu 250 dollars. Puis ont jeté le tiroir caisse vide et se sont enfuis en voyant la police de Sint Maarten arriver.

Des prélèvements seront effectués dans le véhicule, comme dans celui utilisé pour les quatre premiers vols et retrouvé par les gendarmes. Les empreintes et ADN de S.L et de Teddy sont dans les deux véhicules. S.L nie avoir participé aux quatre premiers vols et dit être monté dans le premier véhicule seulement pour aller faire la fête au carnaval. Le véhicule en question s’avèrera être volé et détenir de fausses plaques d’immatriculation.

L’exploitation des images de vidéosurveillance par les enquêteurs permettra d’établir que parmi les deux hommes qui rentraient pour voler les épiceries, l’un était de forte corpulence et l’autre mince. Ce que confirmeront les différents témoignages récoltés. Le fameux Teddy sera notamment identifié grâce à ses vêtements, car il était entré à visage découvert dans une des épiceries braquées quelques heures avant pour s’acheter une boisson.

Pour le vice-procureur, les différents éléments (empreintes, ADN, relevés de vidéo-surveillance) permettent d’établir la culpabilité des deux prévenus pour l’ensemble des faits reprochés. « Même si S.L dit avoir été influencé, personne ne l’a forcé à entrer dans un magasin avec une arme à la main » considère-t-il.

Le représentant du ministère public souligne que si les VAMA étaient un véritable fléau à Saint-Martin quelques années plus tôt, les chiffres avaient baissé depuis un ou deux ans mais « sont un peu repartis à la hausse ces derniers temps ». Il a donc demandé au tribunal de répondre avec « fermeté et sévérité car ce n’est pas une banalité de braquer quelqu’un avec une arme avec le traumatisme que cela implique chez les victimes » et que c’est très différent que de « voler du chocolat dans une épicerie ». Il a donc requis 30 mois de prison dont douze avec sursis et mandat de dépôt pour S.L et cinq ans de prison avec un mandat d’arrêt pour Teddy.

L’avocat de S.L a rappelé au tribunal que le doute devait profiter à l’accusé, insistant sur l’absence de preuves concernant l’implication de son client dans les quatre premiers vols. « Pourquoi mentirait-il pour les premiers vols alors qu’il encourt la même peine en ayant reconnu le dernier ? Il ne dit pas qu’il n’a pas été dans les véhicules mais qu’il n’a pas commis les braquages » a-t-il avancé. Et de poursuivre : « vous n’êtes pas en mesure de démontrer qu’il était présent, ce ne sont que des suppositions ». Et a plaidé la relaxe pour les quatre premiers vols.

Après en avoir délibéré le tribunal a relaxé S.L des faits de recel et des quatre premiers vols. Il l’a en revanche reconnu coupable du surplus et l’a condamné à trente mois de prison dont 12 avec sursis mise à l’épreuve pendant 36 mois avec obligation de soins, de travailler, d’indemniser les victimes et de suivre un stage de citoyenneté. Il a prononcé une peine complémentaire d’interdiction de détenir une arme pendant dix ans.

Le tribunal a reconnu le surnommé Teddy coupable de l’ensemble des faits et l’a condamné à quatre ans de prison et décerné un mandat d’arrêt à son encontre.

Il a reconnu la constitution de partie civile de deux des victimes et condamné les deux prévenus à verser solidairement 500 euros à l’une d’entre elles, ainsi que pour Teddy à indemniser la victime du premier vol à hauteur de 1700 euros.

Fanny Fontan

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