26.02.2019

Quatre mois de prison pour deux coups de tournevis

Le 22 février dernier, le tribunal correctionnel de Saint-Marin a condamné un jeune homme à quatre mois de prison pour avoir planté un tournevis dans la poitrine de son ennemi.

Ce n’est pas la première fois qu’A.R et R.R, âgés respectivement de 18 et 20 ans, étaient convoqués ensemble devant un tribunal.

Il y a quelques années, R.R avait mis des coups de couteau à A.R et avait été jugé par le tribunal pour enfants. Cette fois, les rôles sont inversés et R.R est la victime. Le 21 janvier dernier, A.R lui a mis des coups de tournevis dans la poitrine, causant cinq jours d’ITT.

Le prévenu avait d’abord été présenté en comparution immédiate deux jours après les faits mais le ministère public avait estimé qu’un supplément d’information était nécessaire. Il s’agissait en l’occurrence d’interroger un témoin de la scène, l’ami d’A.R. Bien que A.R ne nie pas avoir piqué R.R, les versions des deux parties quant aux circonstances de l’altercation sont en effet bien divergentes : difficile de savoir qui est allé vers l’autre en premier.

A.R était donc convoqué à nouveau vendredi 22 février devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin. « Ici on est chez les grands » lui a rappelé la présidente. A.R était en récidive légale car il a été condamné pour des faits de violences avec arme, rébellion et outrage le 17 avril dernier par le tribunal pour enfants de Basse Terre.

Selon le témoignage de l’ami du prévenu, le 21 janvier dernier, A.R et lui étaient en train de réparer un scooter dehors, dans une résidence de Concordia lorsque R.R est venu vers eux. « Je revenais de chez mon cousin (dont il ne connaît pas le nom, ndlr). Mon objectif était de rentrer à la maison » affirme pourtant la victime. Aucun des deux protagonistes n’ayant oublié leur précédente altercation, le ton monte très vite. R.R aurait attrapé l’ami d’A.R au cou et A.R lui a alors mis deux coups de tournevis dans la poitrine. « Je ne l’ai pas frappé quand il était au sol mais à un moment j’ai récupéré le tournevis qui était encore planté dans son thorax » admet le prévenu.

Par l’intermédiaire de son avocat, A.R explique avoir eu peur car encore traumatisé des coups de couteau qu’il a pris quelques années plus tôt. Il prétend qu’R.R avait une arme blanche, bien que personne n’en ait vu. « Quand on a peur on prend la fuite » rétorque la présidente du tribunal.

A presque dix-neuf ans, A.R a déjà trois condamnations pour violences. Il a arrêté l’école en troisième sans avoir obtenu son brevet. Il a effectué une formation en Guadeloupe puis dit avoir travaillé six mois dans la maçonnerie. Il cherche actuellement un emploi dans la menuiserie/aluminium. Quant à R.R, il devait rejoindre le RSMA mais son recrutement a été repoussé à cause de sa blessure. Il se constitue partie civile et réclame 1500 euros de dommages et intérêts.

« A.R doit être condamné pour violences avec arme » avance le vice-procureur qui considère les coups de tournevis injustifiés. Personne n’ayant vu la victime porter une arme au moment des faits, A.R ne peut invoquer la légitime défense. Il requiert une peine mixte de six mois de prison dont trois avec sursis.

Après en avoir délibéré le tribunal déclare A.R coupable et le condamne à quatre mois de prison et à l’interdiction de porter une arme soumise à autorisation. Il reçoit la constitution de partie civile de la victime et condamne A.R à lui verser 1500 euros.

Fanny Fontan

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