04.02.2019

Un SDF condamné pour vols et violences

Un SDF saint-martinois de 28 ans était jugé en comparution immédiate vendredi 1er février par le tribunal correctionnel de Saint-Martin

Présenté en comparution immédiate L.D, 28 ans n'a pas demandé de délai pour préparer sa défense et a accepté d'être jugé immédiatement vendredi 1er février pour trois séries de faits : transport d’arme blanche, vols dans une supérette et violences avec arme n’ayant pas entraîné d’ITT (interruption temporaire totale) sur un autre SDF.

Le 30 janvier dernier aux alentours de midi, M.D, SDF, cherche un endroit où se reposer. « Je vis dans un bus détérioré dans un garage. Il y a toujours du bruit et je n’arrive pas à dormir » explique la victime au tribunal. Après avoir erré dans les rues de Marigot il se rend près de l’ancienne préfecture, dominée par le Fort Louis. « Je n’étais pas allé en haut depuis des années ». A son arrivée, L.D, qu’il a déjà croisé plusieurs fois dans la journée et l’a importuné à chaque fois, s’approche de lui un couteau de 28 centimètres à la main et le menace : « Ne joue pas avec moi je suis chez moi ici ». M.D ne se laisse pas impressionner. Il réussit à désarmer L.D, et jette le couteau. Il enlève son T-shirt croyant que L.D veut se battre, mais ce dernier s’enfuit « pour éviter les problèmes ». Des touristes qui visitaient le Fort Louis ont assisté à la scène. Effrayés, ils déguerpissent des lieux en dévalant la pente.

Placé en garde à vue, L.D reconnaît les faits mais nie avoie pointé la lame du couteau vers la victime. « Je squatte là depuis huit ou neuf mois. Je ne suis pas en sécurité alors j’ai eu peur quand je l’ai vu arriver ».

« Je comprends, je m’excuse d’être là mais je n’étais pas le seul puisqu’il y avait au moins une centaine de touristes » témoigne M.D à la barre. Il assure que le prévenu lui a fait peur dès la première fois qu’il l’a vu. « Je me suis dit qu’il cherchait les problèmes ».

L.D n’en est pas à son premier démêlé avec la justice. Il a déjà plusieurs condamnations à son actif, la plupart pour vol aggravé. Il était d’ailleurs convoqué en septembre pour des faits de vol dans une supérette. L’affaire avait été renvoyée parce qu’il ne s’était pas présenté. Il était déjà incarcéré pour vol aggravé, suite à un jugement du 13 juin qui le condamnait à huit mois de prison dont quatre avec sursis, mis à excution le 4 juillet suite à son interpellation pour port d’un couteau le 3 juillet.

L'affaire qui devait être examinée en septembre a finalement été jointe au dossier de ce 1er février. Fin juin 2018, le gérant d'une épicerie avait porté plainte contre L.D. Cela faisait plusieurs jours que le jeune homme venait et se servait dans son magasin (boissons et nourriture). Il estimait son préjudice à 300 euros. « Il ne m’aime pas parce que je l’embête » explique L.D  depuis le box des accusés. « Je fais exprès de le fâcher pour m’amuser. J’ai toujours un couteau. Un jour je lui ai dit que j’allais le piquer avec. Il a pris une boîte de cassoulet et il m’a dit que si j’essayais il me casserait la tête ». Selon lui, l’employé de l’épicier, qui a reconnu lui avoir donné un soda une fois sous les yeux de son patron, « est d’accord » pour qu’il prenne des articles sans payer. Ce que nie l’employé. L’épicier n’est pas présent au tribunal.

L.D ne travaille pas. Il est l’aîné de sa fratrie et sa mère l’a mis dehors pour qu’il se débrouille. « Elle n'aime pas voir que je sniffe de la cocaïne » avance-t-il. Dans ses déclarations aux gendarmes il explique avoir travaillé un mois dans les espaces verts mais avoir arrêté parce qu’il avait trop chaud et n’aimait pas le soleil.

Le genre de propos francs et naïfs qui ont le don d’agacer le tribunal. « On me dira que ce n’est pas la prison qui va l’aider mais quand on a donné les moyens à l’intéressé de s’en sortir il ne s’en est pas saisi et on le revoit régulièrement devant le tribunal » constate le vice-procureur qui déclare alors : « à un moment donné on est sans pitié ». Il précise que le juge d’application des peines a même demandé la révocation du sursis car L.D ne se présentait pas aux convocations, « ce qui ne se fait jamais ». Il requiert six mois de prison, la révocation du sursis (donc quatre mois supplémentaires) et un mandat de dépôt.

L’avocat de la défense met en avant les difficultés de son client et le fait que c’est lui qui a découvert le corps de l’enseignant au Pirate et que ça l’a sûrement traumatisé et donc amplifié son sentiment d’insécurité. « Il n’a pas de porte à fermer à clé alors il porte un couteau pour riposter si besoin » argue-t-il. Il plaide l’absence d’éléments matériel et moral concernant les faits de violence. « L.D est dans un logique d’intimidation qui ne fonctionne pas. Il est risible car il veut jouer à la brute mais ne dispose pas des capacités » ajoute-t-il. Il reconnaît que l’image de l’île est importante pour le tourisme, le tribunal ayant soulevé le préjudice économique pour le territoire causé par ce type de délinquance mais rappelle : « nous ne travaillons pas ici pour l’office de tourisme, nous faisons du droit pénal ». Quant au vol dans la supérette, l’infraction n’est pour lui pas non plus constituée : « on ne sait pas ce qu’il a volé ni s’il a volé ». Et sollicite la bienveillance du tribunal pour que son client bénéficie d’une dernière chance.

Après en avoir délibéré le tribunal déclare L.D coupable des faits reprochés et le condamne à huit mois de prison, ordonne la révocation du sursis (donc quatre mois de prison supplémentaires) et un mandat de dépôt. Il reçoit la constitution de partie civile de M.D et condamne L.D à lui verser 300 euros de dommages et intérêts.

 

 

Fanny Fontan
1 commentaire

Commentaires

donc il reviendra emmerder le monde très vite
Quelle justice

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