06.12.2018

Daniel Gibbs clarifie la situation de la Semsamar

Tribune du président de la Collectivité de Saint-Martin.

« Depuis quelques jours, le déferlement médiatique autour de la Semsamar et les nombreuses contre-vérités publiées ça et là m’amènent à faire une mise au point en toute transparence pour que la population saint-martinoise bénéficie de la véritable information et comprenne les enjeux qui se présentent à nous aujourd’hui, s’agissant de l’avenir de notre société d’économie mixte.

Tout d’abord, nous opposons avec mon équipe les arguments fallacieux de démantèlement à celui du renforcement de la direction générale de la société. Il s’agit pour nous de deux sujets distincts. Faire un lien supposé entre la proposition de nommer un président directeur général à la tête de la Semsamar et un possible démantèlement est un argument infondé porté sur la scène médiatique pour créer la confusion.

Je rappelle que la Semsamar a été créée en 1985 à Saint-Martin, c’est une société qui fait partie de la vie des Saint-Martinois, de notre patrimoine, et qui fait la fierté du territoire. Avec fermeté, j’affirme qu’il n’est absolument pas question de démanteler l’actionnariat de cette structure pour le céder à un quelconque organisme. Que ceux qui avancent de tels arguments viennent le prouver !

Par contre, face aux enjeux de la reconstruction, face aux difficultés des administrateurs à imposer leurs idées au sein de la structure, il nous paraît pertinent - et les statuts actuels le permettent - de donner au Président du Conseil d’administration la possibilité d’intégrer la direction générale. Cette proposition vient appuyer la décision prise lors du dernier Conseil d’administration de nommer un cabinet d’experts dont le rôle sera d’assister et de conseiller les élus dans leurs missions.

La Semsamar doit jouer un rôle clé dans la reconstruction de Saint-Martin, et dans un objectif d’efficacité, il nous paraît essentiel que le futur PDG travaille aux côtés de la direction générale. La Semsamar a des activités multiples sur plusieurs territoires et une forte expérience à Saint-Martin, elle est un atout pour répondre aux attentes de notre population.

Ce retour aux sources vers une gouvernance saint-martinoise est une décision politique forte que nous assumons pleinement et qui est prise dans l’intérêt de nos concitoyens. La réorganisation de la gouvernance n’est pas une nouveauté, nous l’avions évoqué dans notre programme électoral dès 2016, Irma a juste accéléré le processus.

Parmi les attaques injustifiées, je note que le conseiller territorial d’opposition monsieur Louis Mussington parle de « deal avec l’Elysée » et se permet de m’accuser de mensonge. Je rappelle ici que l’Etat est un partenaire. Nous travaillons en étroite collaboration avec ses services en faveur de la reconstruction de Saint-Martin. Les multiples échanges dans le cadre des protocoles de reconstruction confirment les discussions et débats que nous avons parfois avec l’Etat sur tous les sujets, y compris celui de la Semsamar. La presse s’en est suffisamment fait l’écho pour me donner toute légitimité dans mon propos. Ce sont donc des relations franches et la COM fait régulièrement valoir son point de vue.

Monsieur Mussington a peut-être l’habitude de « faire des deals » avec ses amis politiques, mais jusqu’à preuve du contraire, cela n’a jamais été notre façon de faire. Quant au mensonge supposé, je ne vois pas de quoi il parle. Je n’ai jamais pris personne en traitre, ma méthode est justement la franchise et la transparence.

Nous avons pris acte de la motion votée par notre co-actionnaire, la Région Guadeloupe ; cependant nous la jugeons hors sujet. Je suis en effet surpris de constater qu’avant même que nous ayons présenté au Conseil territorial la délibération proposant la mise en place d’un Président Directeur Général au sein de la Semsamar, la Région puisse anticiper en évoquant l’éviction de la directrice générale. Je m’interroge sur l’opportunité de la Région de faire un tel raccourci en parlant d’un sujet qui n’est pas à l’ordre du jour de notre conseil de jeudi 13 décembre. Rappelons que cette décision relèverait de l’entière responsabilité du Conseil d’administration et de ses membres, non pas de la Collectivité.

Quant aux castings imaginaires et aux supputations fantaisistes de certains médias, ils sont balayés par ce qui guide notre action : une gouvernance réorganisée et la mise en œuvre de projets avec un fort ancrage local pour que Saint-Martin ne soit plus une simple boîte postale mais redevienne le centre des préoccupations tout en portant le même intérêt aux projets de développement sur les autres territoires, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Je suis sûr que nos partenaires peuvent comprendre cette attente forte des Saint-Martinois et plus encore depuis le passage d’Irma. Car c’est un fait, l’ingénierie de la Sem n’est plus aussi présente à Saint-Martin pour développer des projets : 4 chargés d’opération dans les années 2000, un seul aujourd’hui.

Les Saint-Martinois l’ont constaté et ils appellent depuis longtemps au changement. Pour la première fois, une majorité d’élus a le courage de proposer ce changement. En réalité, ce qui est dit dans cette délibération, c’est que nous souhaitons donner à un élu de Saint-Martin l’opportunité de remplir un rôle exécutif. Notre décision de faire évoluer la gouvernance de notre société d’économie mixte sera donc maintenue car elle va dans le bon sens.

Nous considérons d’ailleurs que l’avis de tous nos co-actionnaires est important, certains nous ont fait part de leurs inquiétudes. Quant aux financeurs, la gouvernance de la Semsamar doit pouvoir retrouver leur confiance. La réorganisation de la gouvernance se fera dans la concertation et la collégialité entre les membres du Conseil d’administration, en temps et en heure.

Pour l’heure, nous assumons nos responsabilités en proposant de poser les bases de cette nouvelle gouvernance dans l’intérêt de la Semsamar, de la Collectivité de Saint-Martin qui est actionnaire majoritaire et de ses co-actionnaires. ».

Anonyme
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CONSEIL TERRITORIAl
La COM obtient 1,3 million d'euro supplémentaire
de la SEMSAMAR
C'est un conseil territorial fleuve qui s'est tenu jeudi dernier à l'hôtel de la collectivité. Les différents points à l'ordre du jour ont été
soumis au vote des élus et le nouveau groupe "Union pour la démocratie" n'a pas été avare en interventions. Parmi les points
débattus, les conseillers ont approuvé des modifications budgétaires, et notamment le versement d'une somme de 1,3 millions
provenant d'un excédent de recettes de la SEMSAMAR et qui a été allouée en quasi totalité au CTOS.
Après s'être longuement penchés sur les impôts et taxes et sur la fameuse convention fiscale, les conseillers territoriaux ont débattu plusieurs
points à l'ordre du jour, parmi lesquels l'adoption de modifications budgétaires, la transformation d'une avance remboursable en subvention à
l'établissement de l'eau, l'adoption des nouvelles fonctions des élus au sein des organismes externes et la création d'une chambre funéraire.
Le point n°3 à l'ordre du jour concernait le versement de sommes supplémentaires au budget 2010. Plus d'1,5 millions d'euros ont été ainsi
ajoutés dans la section de fonctionnement et 850 000 euros pour la section d'investissement. Ces sommes proviennent notamment d'un
excédent de recette de 1,3 million d'euros de dividendes de la SEMSAMAR et qui a été perçu par la collectivité en fin d'année suite à une
intervention dont Daniel Gibbs rappelait être l'auteur. 290 000 euros supplémentaires proviennent de la dotation de compensation de l'Etat que
la COM n'était pas certaine de percevoir cette année et qui finalement été versée. "Il semblerait que nous cherchions à obtenir des fonds par
tous les moyens pour éviter que l'Etat ne gère notre budget.", s'étonnait Alain Richardson. "Et comme on ne peut pas faire face, on demande
une avance à la SEM dès maintenant.", poursuivait le conseiller de l'opposition, quelque peu perplexe concernant ce versement inattendu.
Ces sommes vont être allouées en grande partie au CTOS (Caisse Territoriale des Œuvres Scolaires) qui recevra 1,2 millions
supplémentaires pour assurer son fonctionnement et les charges de personnel. Annette Phillips, membre du groupe UD, interpellait à son tour
le Président sur le sujet. "Vos mesures restent dérisoires, pourquoi refusez-vous un vrai exercice de mise à plat de votre fiscalité ? Comment
a-t-il été possible de ne pas prévoir plus d'1 million d'augmentation du budget du CTOS ?"
Le Président Gumbs se déclarait "surpris de la sévérité" de cette intervention et rappelait que la COM était "extrêmement raisonnable en ce
qui concerne les dépenses facultatives. "Si nous n'avions pas obtenu ce financement supplémentaire, comment aurions-nous comblé la
différence ?", s'interrogeait Daniel Gibbs, dont le groupe avait choisi de ne pas prendre part au vote de cette délibération, qui sera finalement
adoptée avec 12 voix pour et 5 contre.
Un coup de pouce à l'établissement de l'eau
Le conseil territorial a adopté une délibération visant à transformer une avance remboursable de 3 millions d'euros en subvention au profit de
l'EEASM (Etablissement de l'Eau et de l'Assainissement de Saint-Martin). L'établissement de l'eau, qui a déjà une dette de 9 millions d'euros
en raison d'un jeu d'écriture comptable datant du temps de la commune, n'aura donc pas à rembourser cette somme de 3 millions d'euros à la
collectivité. Un bol d'air pour la structure qui doit assumer la remise en état de la quasi totalité des réseaux d'eau de Saint-Martin. Patrick
Lentz, ingénieur, rappelait aux conseillers la lourde mission de l'EEASM qui doit remettre en état un réseau plus qu'obsolète. Il évoquait en
outre le prix de l'eau à la sortie de l'usine qui est élevé (3,25 euro alors que l'usine de Sint-Maarten vend une eau de qualité équivalente à
1,2$). Un audit est en cours, mais il semblerait que l'usine de production n'ait pas donné suffisamment d'éléments concernant les questions
qui lui ont été soumises. "La possibilité d'engager un contentieux avec l'UCDEM n'est pas exclue.", déclarait le Président Gumbs. L'EEASM
souhaite renégocier le prix de l'eau avec l'UCDEM ; une baisse qui ne sera pas répercutée sur la facture mais qui servira à financer les
importants chantiers à venir.
Les conseillers ont ensuite approuvé les décisions du conseil exécutif concernant la nomination des conseillers territoriaux dans les
organismes extérieurs, port, SEMSAMAR et office de tourisme. Le 9 novembre dernier, le Président avait procédé à un remaniement au sein
de son conseil. Les portefeuilles des Vice-Présidents avaient été redistribués et les nominations des conseillers territoriaux nommés au sein
des organismes extérieurs ont été revues. Catherine Lake remplace ainsi Daniel Gibbs au CA de la SEMSAMAR ; au port, c'est Louis Jeffry
qui prend le relais du Vice-Président déchu de ses portefeuilles.
A l'office de tourisme, c'est Claire Guion Firmin qui prend la place de Louis Jeffry, désormais en charge du tourisme. Ces nouvelles attributions
ont été approuvées par la majorité (11 voix), excepté pour le port, les conseillers ont fait valoir le fait que la délibération était obsolète car un
conseil d'administration a déjà eu lieu.
Après avoir accordé à l'unanimité un avis positif à la création d'une chambre funéraire, le conseil s'est terminé sur les questions du groupe
UD, qui interpellait le Président sur le manque de transparence dans la gestion de la COM. Daniel Gibbs demandait la présentation de
rapports notamment concernant le CTOS et l'office de tourisme. L'UD interrogeait également le Président sur les problèmes d'insécurité.
Pour cette dernière réunion de l'année, les interventions et débats ont été riches et la présence de la nouvelle opposition engendre une
dynamique au sein d'un conseil moins "lisse" qu'à ses débuts.

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