12.10.2018

Jusqu’à 22 ans de prison requis pour les braqueurs de Goldfinger

Les faits s’étaient produits le 22octobre 2014 en pleine journée. Le procès se tient en Guadeloupe.

Mercredi 22 octobre vers 10h40, trois individus pénètrent dans la bijouterie Goldfinger située rue de la République à Marigot. Ils parviennent à mettre dans un sac 115 montres de luxe dont la valeur est comprise entre 10 000 et 30 000 euros. En même temps l’une des employées parvient à appeler les gendarmes qui arrivent rapidement. Pensant que les individus ont quitté les lieux, deux militaires s’engagent dans le sas de sécurité de la boutique et dès que la porte s’ouvre, l’un des malfaiteurs ouvre le feu.

Les trois individus réussissent à sortir en tirant sur les gendarmes positionnés à l’extérieur, ces derniers ne ripostent pas car l’un des individus a pris le manager en otage et le tient en joue avec une arme. Ils se dirigent vers le centre commercial West indies, à proximité ils braquent le conducteur d’une voiture pour s’en emparer. Dans l’action, l’otage parvient à s’enfuir.

La voiture est interceptée quelques mètres plus loin, au niveau de la marina Fort Louis par une patrouille de gendarmes qui bloque la route. Les trois individus sortent du véhicule, l’un d’eux réussit à s’enfuir vers le Fort Louis et les deux autres se rendront. Plusieurs coups de feu des deux côtés seront échangés. Les malfaiteurs ont arrêté de tirer lorsqu’ils n’avaient plus de munitions.

L’opération aura mobilisé une cinquantaine de gendarmes sans compter des agents de la police aux frontières et de la police territoriale. Le butin a été retrouvé.

Seuls deux des trois malfaiteurs sont interpellés et placés en garde à vue puis en détention provisoire. Ils sont originaires du Venezuela et âgés d’une vingtaine d’années. Le troisième, également Vénézuelien, sera interpellé et placé en détention provisoire en République dominicaine en 2017, un mandat d’arrêt international avait été lancé à son encontre.

Ils étaient arrivés sur l’île quelques jours avant le braquage via l’aéroport Juliana. Ils avaient un pistolet automatique de calibre 40, un modèle utilisé par la police américaine, qui sera saisi, ainsi qu’un révolver chromé qui n’a ni utilisé, ni retrouvé, avaient indiqué à l’époque les enquêteurs.

Une vidéo sur YouTube avait été publiée, on n'y voit une mince partie de la poursuite des braqueurs par les gendarmes à la marina Fort Louis.

Leur procès s’est ouvert lundi dernier devant la cour d’Assises à Basse-Terre. Seuls les deux hommes en détention en Guadeloupe ont été jugés, celui à Saint-Domingue doit être extradé pour l’être par la justice française. A également comparu un autre individu, un Saint-Martinois considéré comme le complice du trio. L’enquête a révélé qu’il l’a véhiculé et aidé à trouver un hébergement.

Le parquet a requis une peine de cinq ans de prison ferme à l’encontre de ce dernier accusé d’association de malfaiteur. A l’issue des faits, il avait été placé en détention provisoire. Au bout d’un an, il avait été libéré et placé sous contrôle judiciaire.

A l’encontre du Vénézuélien qui portait le sac et qui n’a jamais tiré, une peine de seize ans de prison a été requise.

Enfin, à l’encontre de celui considéré comme le plus actif et qui a tiré, le parquet a requis une peine de vingt-deux ans de prison. Il lui est notamment reproché de tentative d’homicide envers les gendarmes, d’enlèvement pour faciliter la fuite lors de la commission crime (prise d’otage), de vol à main armée, d’association de malfaiteur et de dégradation de biens. Pour les trois crimes, il encourt respectivement la prison à perpétuité, trente ans et vingt ans de prison.

Une interdiction définitive de séjour sur le territoire français a également été prononcée à l’encontre des deux Sud-Américains.

L’avocat de la défense qui a entamé sa plaidoirie hier, doit poursuivre ce matin. Le jugement sera ensuite mis en délibéré et devrait être rendu dans l’après-midi.

Estelle Gasnet

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