20.07.2016

Délinquance : un niveau équivalent à celui de la fin des années 1990

Ce mercredi matin, la préfète Anne Laubies et les autorités de gendarmerie et de police ont présenté le bilan de la délinquance lors d’une conférence de presse.

La commission de trois homicides en deux semaines, «cela frappe et inquiète la population». La préfète déléguée de Saint-Martin, Anne Laubies, acquiesce le sentiment d’insécurité que les citoyens ont pu ressentir ces derniers jours. Mais elle veut aussi «ramener à une certaine rationalisation» la situation de la délinquance.

En effet, malgré les trois récents homicides, le nombre de crimes et délits est en baisse en partie française depuis le début de l’année. «Nous enregistrons une baisse de 14,2 %, ce qui représente 279 faits en moins», commente le capitaine de gendarmerie Emmanuel Maignan. «Depuis une quinzaine d’années, il y a par an entre 3 600 et 4 000 crimes et délits commis à Saint-Martin. En 2004, on était en dessous de la barre des 3 500 et, depuis, on était repassé au-dessus», fait-il remarquer. Mais surtout d’insister que depuis deux ans, la délinquance est en baisse et que «nous retrouvons des niveaux équivalents à ceux de la fin des années 1990, début des années 2000».

Le nombre de vols à main armée (VAMA) qui avait explosé en 2014 a chuté de plus de 62 % depuis le début de cette année. «Le nombre de VAMA était de 137 en 2014 et de 114 en 2015. À ce jour, nous en comptons 30 contre 79 l’an passé à même époque», détaille le capitaine Maignan. Le nombre de cambriolages est lui aussi en baisse de 51,2 %. Cela représente 129 faits en moins. Pour ce qui est des tentatives d’homicides qui étaient nombreuses en 2014 et 2015 – respectivement 26 et 14 – elles sont sur ces premiers mois de l’année au nombre de 4. Seuls les homicides sont en progression : 6 contre 3 comparativement à l’année dernière à même époque.

Ces résultats s’expliquent en partie par une réorganisation interne des services de la gendarmerie, notamment en positionnant plus d’hommes à la brigade des recherches. «Le taux d’élucidation est en donc en hausse ainsi que les interpellations», note le capitaine tout en précisant que les peines «sévères» prononcées par la justice contribuent à ces résultats.

En outre, le renfort de militaires l’été dernier comme l’avait annoncé le président François Hollande lors de sa visite le 8 mai, a permis de renforcer également la présence sur le terrain des gendarmes et de développer les patrouilles pédestres.

Mais la répression n’est pas l’unique solution à apporter à la délinquance qui «reste élevée», conçoit la préfète. Celle-ci mise alors sur des actions de prévention. Un «travail initié depuis plusieurs mois avec la collaboration de la collectivité» dans le cadre du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). «Si nous avons un tel niveau de délinquance, c’est aussi en raison de notre environnement régional», estime Anne Laubies. Un environnement qu’elle qualifie de «poreux». «Nous ne pouvons pas travailler tout seul. Nous devons travailler en coopération avec Sint Maarten mais aussi avec Anguilla», confie-t-elle. Aujourd’hui, en effet, seule une coopération policière existe avec la partie hollandaise de l’île.

Enfin la préfète entend mettre en place prochainement le dispositif vigicommerce destiné à lancer une alerte en cas de VAMA ou autres vols. Elle avait soumis l’idée il y a plusieurs mois mais pour diverses raisons, aucune convention n’a pu être signée entre la gendarmerie et la COM. «Ce dispositif fonctionne très bien ailleurs mais nous devons l’adapter localement », a précisé Anne Laubies. Elle s’est donné pour objectif qu’il le soit la rentrée de septembre.

Estelle Gasnet