15.05.2018

"Les relations entre Saint-Martin et St Maarten ont changé" assure le Premier ministre des Pays Bas

 

C’est peu dire que ce point presse était très formel. C’est à bord d’un bateau classique que Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas, accompagné notamment de la Première ministre de Sint Maarten, du président de la Collectivité et de la préfète de Saint-Martin avec qui il venait de faire un tour du lagon, est arrivé lundi après-midi à la marina Fort Louis où un point presse était organisé avec les médias de la partie française. Le Premier ministre en déplacement dans la Caraïbe (il s’était déjà rendu à Saba et St Eustache) n’a fait aucune annonce, se contentant de dire qu’il était là pour observer, voir comment il était possible d’améliorer les choses, de voir comment on pouvait mieux reconstruire l’île. Interrogé sur des questions comme la décharge de Philispburg ou de l’aéroport, il s’est dit conscient des problèmes et a confié vouloir rapidement trouver des solutions.

Néanmoins, il convient de voir dans cette venue une symbolique assez forte : la volonté des Pays-Bas à participer à la reconstruction de l’île et à coopérer avec la France. Si jusqu’alors Saint-Martin n’avait jamais caché son envie d’avancer main dans la main avec Sint Maarten dans des domaines précis, Sint Maarten s’était en revanche toujours montré plus timide. Or, depuis Irma, «les relations ont changé», a affirmé Mark Rutte. Des représentants des deux pays se sont retrouvés à Paris, La Haye ou sur l’île pour discuter ensemble de projets à mettre en place en commun. A la même heure, à Paris, le délégué interministériel et préfet de Guadeloupe, Philippe Gustin, répétait lors d’une conférence que «la reconstruction de Saint-Martin réussira seulement si nous parvenons à rééquilibrer les deux parties de l’île».

Depuis l'incident à Oyster Pond, l'ancien Premier ministre de Sint Maarten, William Marlin, avait mis en stand by tous les projets de coopération. Or, il y en a plein les tiroirs mais très peu ont vu le jour. En 2014, l’Union européenne a accordé un programme opérationnel dit de coopération transfrontalière sur le même principe qu’elle l’avait fait six ans plus tôt avec la Guyane et le Brésil (Etat de l’Amapa) afin que des fonds soient accordés à des projets servant les intérêts des deux territoires. Trois projets avaient été identifiés mais aucun n’a pu voir le jour. «Nous allons justement finaliser les discussions la semaine prochaine», a confié le président de la Collectivité.

Daniel Gibbs voit par ailleurs dans ce contexte l’opportunité de faire accepter par les Pays Bas et Sint Maarten la mise en œuvre de son projet de United Congress, un organe de coopération qui pourrait offrir «un cadre d’un exercice conjoint des compétences de Saint-Martin et de Sint Maarten».

Estelle Gasnet

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