15.05.2018

Programme opérationnel de coopération transfrontalière : quels sont les projets ?

Comme elle l’avait fait pour la période 2007-2013 en Guyane (avec l’Etat fédéral brésilien de l’Amapa), l’Union européenne a créé en 2014 un programme opérationnel spécifique pour Saint-Martin, un PO dit de coopération transfrontalière (PO CT). Durant la période de sept ans (période de validité des fonds), l’Europe apporte des crédits pour financer des projets communs qui desservent l’intérêt des deux territoires. Ce PO est doté de 10 millions d’euros dont 1,5 million pour l’assistance technique.

Trois priorités avaient été données : élever le niveau des infrastructures dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, protéger l’environnement et prévenir le risque d’inondation.

  • Elever le niveau des infrastructures dans le domaine de l’eau et de l’assainissement

Dans ce domaine, il s’agit de partager une station d’épuration. Sint Maarten ayant comme projet de construire une station à Cole Bay, Saint-Martin a proposé de s’y raccorder, lui économisant ainsi du foncier. Le coût de construction est financé par la partie hollandaise et le raccordement par la partie française.

La station desservirait 17 000 habitants, la moitié en partie hollandaise, l’autre en partie française (Marigot, Bellevue).

Plusieurs réunions ont déjà eu lieu sur ce projet ; les travaux ayant été stoppés par William Marlin suite à l’incident survenu à Oyster Pond au sujet du contrôle de chantier. De plus, les autorités néerlandaises et françaises n’étaient pas entièrement d’accord sur les notions et normes environnementales à respecter.

4 millions d’euros au titre du PO CT seraient apportés par l’Europe à Saint-Martin.

  • Protéger l’environnement

Il s’agit de «renforcer par une gestion transfrontalière la protection du lagon de Simpson bay ». Une priorité d’autant plus accrue après le passage d’Irma. C’est pourquoi il a été proposé au Premier ministre des Pays Bas, Mark Rutte, de faire un tour du lagon afin de prendre conscience de l’enjeu et de l’énorme travail à réaliser des deux côtés de la frontière.

Il est prévu que les crédits européens octroyés au titre du PO CT puissent servir à la réalisation d’une évaluation environnementale de l’ensemble du lagon. Cette étude devant elle permettre d’identifier des projets visant l’amélioration et la préservation de la qualité environnementale et de la biodiversité du lagon. Plusieurs actions étaient citées : enlèvement des épaves, mise en place d’amarrages pour éviter le mouillage à certains endroits, étude de la circulation, actions de nettoyage, création de récifs artificiels, etc.

1,5 million d’euros est fléché pour ce projet.

  • Prévenir le risque d’inondation

Il s’agit d’aménager le bassin versant de Belle Plaine partagé entre la partie française et la partie hollandaise, d’y réaliser des travaux de gestion et de régulation des eaux. Aujourd’hui, le risque d’inondation dans cette zone est très grand car l’urbanisation est très forte et a été mal maîtrisée. De plus, des travaux ont été entrepris en partie hollandaise qui ont eu pour effet d’amener l’essentiel des eaux pluviales en partie française.

Une étude de faisabilité de l’aménagement du bassin versant a été faite et financée par le programme Interreg Caraïbes. Elle avait été retardée car Sint Maarten n’avait pas donné tous les éléments au dossier de présentation à Interreg.

Aujourd’hui le PO CT contribuerait à hauteur de 3 millions d’euros à la réalisation des travaux de gestion et de régularisation

Estelle Gasnet

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