Chantiers inachevés, avances d’argent et escroqueries : un homme jugé face à sept victimes
Abus de confiance, escroqueries, usages de faux, exécution de travaux dissimulés, dont certains impliquant un mineur, et exercice d’une activité commerciale malgré une interdiction judiciaire : tels étaient les chefs de prévention retenus à l’encontre de J.P.
Ce vendredi 23 octobre, le tribunal de proximité de Saint-Martin a jugé l’homme de 38 ans en comparution immédiate. Initialement convoqué dans le cadre de deux affaires distinctes, il a finalement été jugé lors d’une seule et même audience après leur jonction. Au total, sept victimes sont concernées par des faits qui se seraient déroulés entre le 8 août 2023 et le 16 septembre 2026, parmi lesquelles figure une entreprise de services nautiques.
« Il s’agit d’une procédure compliquée » résume la substitut du procureur. « Néanmoins, on constate que toutes ces affaires présentent un fil rouge, avec la même technique » ajoute-t-elle. Durant les deux heures d’audience, les faits exposés par la présidente et les témoignages des victimes font en effet apparaître de nombreuses similitudes.
Tous évoquent des avances d’argent, des délais interminables et des chantiers qui n’ont jamais été achevés, voire des travaux entachés de malfaçons. Les victimes décrivent le prévenu comme un homme manipulateur et menteur, qui aurait abusé de leur confiance pour leur soutirer d’importantes sommes d’argent, lesquelles auraient notamment servi à rembourser des dettes antérieures. Au total, les montants évoqués avoisinent les 50 000 euros.
Des requisitions de 18 mois d’emprisonnement
« Qu’est-ce que vous pensez de ces treize infractions ? » interroge la présidente. Sans répondre directement à la question, J.P. affirme assumer sa responsabilité dans les faits qui lui sont reprochés. Il nuance toutefois son implication dans trois affaires et dénonce des manœuvres destinées, selon lui, à lui nuire. « Tout ce qu’ils racontent n’est pas vrai. Tout a basculé le jour où ils ont aperçu mon bracelet » assure-t-il, en référence à son bracelet électronique, lié à une précédente condamnation.
L’homme, dont le casier judiciaire comporte douze mentions, affirme aujourd’hui s’être repenti et vouloir s’orienter vers une nouvelle activité professionnelle dans le secteur des chantiers navals. « Mais une nouvelle fois sans que cela soit déclaré » rétorque la substitut du procureur.
Selon le ministère public, les infractions sont pleinement caractérisées. « Au regard du nombre de victimes, des préjudices matériels et moraux, de la contestation d’une partie des faits, du passé judiciaire du prévenu, du non-respect de son contrôle judiciaire et du risque de récidive », elle requiert 18 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt, ainsi que 5 000 euros d’amende.
Elle sollicite également plusieurs peines complémentaires : une peine d’inéligibilité de deux ans, la diffusion sur internet de la condamnation pour emploi dissimulé d’un mineur pendant six mois, une interdiction d’exercer une activité professionnelle ainsi que la confiscation des biens saisis.
Les victimes présentes se constituent toutes parties civiles et réclament l’indemnisation de leurs préjudices. « Il serait temps que les peines prennent en compte le remboursement des victimes » souligne l’avocate de l’entreprise de services nautiques, qui dénonce une escroquerie qu’elle estime parfaitement organisée.
Après en avoir délibéré, le tribunal déclare J.P. coupable des faits qui lui sont reprochés. Il le condamne à 30 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, avec mandat de dépôt. Le tribunal reçoit également les constitutions de parties civiles et condamne le prévenu à indemniser les victimes.










