Il voulait transformer ses munitions en collier : il écope de 8 mois de prison
Le mercredi 30 septembre, le tribunal de proximité de Saint-Martin examinait, en comparution immédiate, une affaire de détention non autorisée d’arme et de munitions de catégorie B. Le prévenu, G.P, est placé sous mandat de dépôt depuis le 28 septembre.
Le 26 septembre dernier, aux alentours de 13 heures, les militaires de la gendarmerie sont saisis d’une affaire d’enlèvement et de violences sur conjoint, en l’occurrence sur S.A, 16 ans. Sa sœur, à l’origine de ces accusations, rapporte également que l’homme qu’elle met en cause aurait exhibé une arme de poing devant elle avant de prendre la fuite en voiture avec la jeune fille. À 17h25, G.P se présente à la gendarmerie, accompagné de sa conjointe, et est placé en garde à vue.
Les militaires procèdent à la perquisition de son véhicule. Ils y découvrent deux munitions de 9 mm, dont une percutée. Le logement de sa mère fait également l’objet d’une perquisition. Dans la chambre du prévenu, les enquêteurs retrouvent un sachet contenant 28 munitions de 9 mm percutées, deux munitions de 9 mm non percutées ainsi que deux munitions de calibre .45 percutées. Enfin, le téléphone du prévenu est exploité. Les enquêteurs y identifient une photographie ainsi qu’une vidéo représentant l’arme de poing.
Entendu par les enquêteurs, G.P confirme sa relation avec S.A. S’il nie les faits de violences et d’enlèvement, il reconnaît en revanche ceux liés à la détention de l’arme. Des déclarations confirmées par sa petite amie. Il explique avoir acheté cette arme il y a deux ans afin d’assurer la protection de sa famille, et de s’en être débarrasser dans un espace boisé situé derrière le domicile de son père, côté hollandais.
« Je voulais faire fondre les munitions pour en faire un collier »
À l’audience, le prévenu maintient sa version. Il explique la détention des différentes munitions par sa volonté de les faire fondre afin d’en faire un collier. « Pourquoi avez-vous décidé de jeter l’arme ce jour-là, avant d’aller chez les gendarmes ? » questionne le président, qui peine à obtenir une réponse du prévenu. S’il n’est pas poursuivi pour ces faits, le magistrat souligne néanmoins la différence d’âge entre G.P. et S.A, aujourd’hui séparés.
« Deux chiffres pour commencer mes réquisitions : en 2026, un mort par balle et 20 blessés. Quand Monsieur P. indique qu’il souhaite se faire un collier de ces balles, les bras m’en tombent » martèle la vice-procureure.Considérant les faits caractérisés, elle requiert deux ans d’emprisonnement, avec maintien en détention, ainsi que la confiscation des biens ayant servi à l’infraction.
De son côté, l’avocate du prévenu rappelle que les faits ont été reconnus et qu’il n’existe, selon elle, pas de conflit d’intérêt avec la jeune femme. « Je m’en remets à votre juridiction et demande de la clémence, avec un aménagement de peine sous bracelet » souligne-t-elle.
Après en avoir délibéré, le tribunal déclare G.P. coupable des faits qui lui sont reprochés. En répression, il est condamné à huit mois d’emprisonnement, avec interdiction de détenir une arme pendant cinq ans, ainsi qu’à la confiscation des scellés. Le tribunal ne prononce pas de maintien en détention. La peine est donc aménageable, notamment sous la forme d’un bracelet électronique, sous réserve des modalités fixées dans le cadre de son aménagement.










