01.10.2026

Deux décès en trois ans consécutifs à la légionellose dans une même résidence

«La situation présente un caractère préoccupant et justifie la mise en œuvre d'actions appropriées», estiment les services de l'Etat.

La situation est la suivante : en septembre 2023, l'agence régionale de santé (ARS) demande à un syndic de copropriété d'effectuer des analyses du réseau intérieur et de lui transmettre les plans du réseau d'une résidence à la Baie Nettle qu'il gère. L'ARS soupçonne une éventuelle contamination de l'eau.

De son côté, elle réalise à son initiative des analyses complémentaires de l'eau. Celles-ci sont effectuées en juillet cette année et «ne mettent pas en évidence de responsabilité imputable au réseau public».

Or, deux personnes ayant habité dans cette résidence sont décédées au cours des trois dernières années, la seconde en août cette année, et leur décès est «consécutif à une contamination par la légionellose». D'où le caractère «préoccupant» de la situation.

Le syndicat de copropriété n'ayant pas fourni les documents demandés par l'ARS il y a trois, est aujourd'hui mis en demeure par la préfecture de faire effectuer d'ici un mois par un professionnel un diagnostic complet du réseau d'eau de la résidence permettant d'évaluer les risques liés à la prolifération de germes pathogènes notamment le développement de légionnelles dans le réseau d'eau froide.

Selon les conclusions du diagnostic, il devra établir dans un délai de deux mois un programme de surveillance de la qualité sanitaire de l'eau du réseau intérieur et présenter, en cas de présence de légionelles (type legionella pneumophila), les mesures correctives à mettre en place.

Qu'est-ce que la légionellose ?

«La légionellose est une maladie causée par les bactéries Legionella. L’espèce Legionella pneumophila est la plus courante. Elle entraine une infection grave des poumons. L’émergence récente de cette maladie s’explique par son affinité pour les systèmes modernes d’alimentation en eau .

Les Legionella font partie de la flore aquatique et sont trouvées dans de nombreuses sources d’eaux douces chaudes. La bactérie se multiplie au sein de microorganismes présents dans l’eau, à des températures comprises entre 15° et 50°C (douche, spas type bains à remous, tours de refroidissement).

Ce sont des bactéries intracellulaires mais qui peuvent survivre à l’extérieur des cellules. La présence de dépôts organiques et d’autres micro-organismes, ainsi que de fer, zinc et aluminium dans les installations favorisent leur croissance. Elles sont résistantes à la chaleur et peuvent de ce fait être retrouvées au fond de cuves d’eau chaude », explique l'Institut Pasteur.

Conseils de l'ARS pour lutter contre l'exposition aux légionelles

- Faire couler l'eau froide et l'eau chaude au moins 1 fois par semaine au niveau des points d'eau qui sont peu utilisés (évier, lavabos, douche, etc.) et après chaque période d'absence prolongée, pour tous les points d'eau avant de les réutiliser (notamment la douche) ;

- Surveiller la température de l'eau chaude à domicile : elle doit être très chaude mais pas "bouillante" (au moins 50°C et au plus 60°C au niveau de l'évier de la cuisine) ;

- Procéder régulièrement au détartrage et à la désinfection des embouts de robinetterie (brise-jets, pommeaux de douches, etc.) ;

- Utiliser de l'eau stérile pour les appareils biomédicaux (nettoyage et remplissage des appareils d'oxygénothérapie ou de lutte contre l'apnée du sommeil).

Estelle Gasnet