28.09.2026

Annick Petrus n'a plus confiance en L. Mussington et la majorité, elle quitte le Rsma

«En politique comme dans toute relation humaine, la confiance est une condition première. Elle ne se décrète pas. Elle se construit dans le temps, par la loyauté, la sincérité du dialogue, le respect et la réciprocité», confie Annick Petrus qui a «découvert avec une réelle stupéfaction, au cours de cette dernière séquence politique, que la confiance d'une partie importante du groupe [politique auquel elle appartient au conseil territorial] et de plusieurs de ses responsables ne lui était désormais plus accordée». Aussi a-t-elle décidé de donner sa démission du Rsma, le Rassemblement saint-martinois Alternative, groupe avec lequel elle a été élue en mars 2022.

Cette séquence politique à laquelle elle fait référence est le premier tour des élections sénatoriales à Saint-Martin, dimanche dernier. La sénatrice sortante était candidate et n'a récolté que trois voix, la sienne, celle de la personne qui la représentait, et une autre. Or le réservoir de voix Rsma en comptait 12.

Annick Petrus n'a pas «compris» la position de ses collègues, précisément celles de Louis Mussington et Frantz Gumbs qu'elle avait publiquement soutenu lors des élections législatives de juin 2024. «Je l'ai d'autant moins compris que, jusqu'à ces dernières semaines, notre travail commun se poursuivait naturellement au service de Saint-Martin», rapporte-t-elle. Et de citer des rencontres auxquelles ils ont assisté ensemble : le 29 mai et le 21 juillet à Paris.

«Les faits parlent d'eux-mêmes. J'ai tenu ma place. J'ai travaillé. J'ai défendu Saint-Martin», confie-t-elle. Parce qu'elle estime «l'avoir fait dans un esprit de coopération avec la Collectivité, son président, ses élus et les partenaires institutionnels », Annick Petrus «tire aujourd'hui les conséquences de la situation» : «je ne souhaite ni entretenir une ambiguïté, ni demeurer artificiellement membre d'un groupe politique dont les orientations et la conception de l'action collective ne correspondent désormais plus pleinement à celles que je souhaite incarner», convient-elle.

«Nos chemins se séparent désormais et je me dois de l'accepter», annonce Annick Petrus sans «colère». «Il est des moments où partir n'est pas renoncer, mais rester fidèle à ses convictions. Quand le respect n'est plus servi, on se doit de quitter la table », déclare-t-elle.

Estelle Gasnet