Un candidat de l'opposition élu sénateur, une première à Saint-Martin
4 et 12. Tel était le nombre minimum de votes sur lesquels Daniel Gibbs et Valérie Damaseau pouvaient compter respectivement pour remporter dimanche l'élection sénatoriale à Saint-Martin. Au final, Daniel Gibbs a obtenu 13 voix et Valérie Damaseau 11*. Le candidat de l'opposition a été élu, une première à Saint-Martin.
Jusqu'alors, le candidat issue de la majorité a toujours gagné l'élection ; lors de la première en 2008, Louis-Constant Fleming l'avait même remportée dès le premier tour. En 2014, Guillaume Arnell avait obtenu 47,8 % des votes (11 voix) et en 2020 Annick Petrus 68,18 % des suffrages exprimés (15 votes).
L'organisation de cette élection à Saint-Martin est telle (ce sont les membres du conseil territorial qui votent ainsi que les parlementaires) que le candidat de la majorité possède le plus de chances d'être élu. Logique politique. Les chances sont d'autant plus grandes si le député et le sénateur sont proches de la majorité, et encore plus grandes s'ils font partie de cette majorité en tant que conseiller territorial, car ils apportent chacun deux voix**.
Dans la configuration locale initiale, l'opposition est formée de 7 membres (2 de Generation Hope, 4 de Team Gibbs et Mélissa Nicolas-Rembotte) et le groupe majoritaire Rsma (Rassemblement saint-martinois Alternative) de Louis Mussington est composé de 16 membres. Parmi lesquels le député et la sénatrice. Mais il y a quelques jours, les ruptures se sont officialisées : Bernadette Venthou-Dumaine a démissionné du groupe. Raphaël Sanchez a déposé sa candidature avec comme remplaçante Martine Beldor, tous deux élus du Rsma. Annick Petrus, également conseillère territoriale Rsma, a souhaité briguer un nouveau mandat. A la veille du scrutin, la majorité Rsma était donc amputée de 4 membres. Sans compter Valérie Fonrose qui a aussi annoncé quitter ce groupe.
De 18 (16+2), le réservoir de voix Rsma de Valérie Damaseau est descendu à 12. Si au premier tour, la candidate a récolté 12 voix (il en fallait 13 pour être élue), elle n'a pas réussi à en gagner davantage au second tour, elle en a même perdu une.
En face, Daniel Gibbs pouvait compter sur le soutien de ses trois collègues de sa Team (3+ sa voix). Au premier tour, il a même convaincu deux autres électeurs en obtenant 6 voix (4+2), puis sept autres au second tour. Soit un total de 13 votes dont celles d'Annick Petrus. Annick Petrus qu'il avait soutenue à ces mêmes élections en 2020. Retour de faveur ? La sénatrice sortante a confié «avoir privilégié la compétence et l'expérience» à la candidate adversaire.
* Un vote ayant été considéré nul.
** Le député et la sénatrice ont voté en tant que parlementaire et étaient représentés par une autre personne pour voter en tant que conseiller territorial.










