04.08.2026

Sargasses : des barrages déviants installés dès la fin du mois d’août

« Il n'y a pas de solution miracle. Nous espérons que ces barrages déviants seront plus efficaces que la simple collecte pour protéger la population. Rien n'est garanti : il s'agit d'une expérimentation inédite » a déclaré Bernadette Davis, vice-présidente en charge du Cadre de vie et de la Transition écologique, lors d'une conférence de presse organisée le vendredi 31 juillet. En présence de Laurent Guillaume, directeur du Département Transition écologique, et d'Igor Rembotte, directeur de l'Environnement, la réunion avait pour objectif de présenter le projet de déploiement de barrages déviants.

L'expérimentation débutera en août dans la baie de Cul-de-Sac, où deux segments de barrages seront installés sur environ 700 mètres. Deux autres barrages seront ensuite déployés à l'embouchure de l'étang aux Poissons, à partir de septembre-octobre. Contrairement à des barrages destinés à bloquer les algues, ceux-ci sont conçus pour orienter les nappes de sargasses vers un point unique de collecte.

À Cul-de-Sac, l'objectif est de protéger les quartiers situés au nord de la baie, particulièrement touchés ces dernières années, mais aussi de préserver les activités économiques, notamment la pêche et les liaisons maritimes vers l'îlet Pinel et Tintamarre. Selon les modélisations réalisées dans le cadre de l'étude de faisabilité menée entre 2024 et 2025, le dispositif pourrait protéger plus de 90 % de cette zone.

À l'étang aux Poissons, l'enjeu est différent : les algues qui pénètrent dans cette zone sont très difficiles à récupérer en raison de la présence de mangroves et de secteurs urbanisés. Les barrages permettront de limiter leur entrée et de faciliter leur récupération.

Un projet à hauteur de 896 550 euros

Le choix de cette solution est le résultat de deux années d'études techniques. Les emplacements n'ont pas été définis au hasard mais à partir de modélisations des courants et des arrivages de sargasses. Les barrages retenus, fabriqués en Espagne, ont été sélectionnés après l'analyse des retours d'expérience d'autres territoires comme le Mexique ou la République dominicaine, où ce type d'installation est déjà utilisé. L'entreprise ATSM est chargée de l'installation, de la maintenance et du suivi des équipements pendant les douze premiers mois.

L'installation des barrages modifiera également les conditions de navigation dans la baie de Cul-de-Sac. Un périmètre de sécurité de 25 mètres sera instauré autour des installations et les habitudes de mouillage devront évoluer. La Collectivité rappelle d'ailleurs que le mouillage est interdit dans cette baie depuis un arrêté datant de 1993.

En cas de cyclone, des protocoles spécifiques ont été prévus. Selon l'intensité du phénomène, les barrages pourront être abaissés ou entièrement retirés de l'eau en moins de 48 heures afin de préserver les installations.

Le coût total des installations s'élève à 896 550 euros, financés à hauteur de 576 550 euros par la Collectivité de Saint-Martin et de 320 000 euros par l'État. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus globale élaborée avec les services de l'État et la DEAL, qui repose sur quatre axes : la surveillance des arrivages, le déploiement de barrières, la collecte des algues et leur traitement.

Cyrile POCREAU