22.07.2026

Université, bilinguisme, formation d'infirmiers : la COM réfléchit au développement de projets

C'était l'une de ses promesses de campagne électorale de Louis Mussington : doter le territoire d'une antenne de l'université des Antilles et d'un institut de formation en soins infirmiers (IFSI) ainsi que développer le bilinguisme, voire le trilinguisme, à l'école. La Collectivité semble avancer sur ces projets et recherche un consultant pour une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage pour ces trois projets.

Création d'une antenne universitaire

«Une part significative des jeunes Saint-Martinois doit aujourd'hui quitter le territoire pour poursuivre des études supérieures, avec un coût élevé pour les familles, un frein pour les ménages modestes et une perte de talents», constate la COM qui «souhaite étudier la création d'une antenne universitaire, en lien privilégié avec l'Université des Antilles, complémentaire du projet d'IFSI, pour constituer les fondations d'une cité éducative et professionnelle».

La COM entend ainsi mener une étude d'opportunité et de faisabilité afin d'analyser les attentes des acteurs, comparer avec des modèles existants et identifier les formations envisageables. Elle pense déjà à des formations supérieures et professionnalisantes adaptées aux besoins économiques du territoire (tourisme et hôtellerie, santé et social, droit, économie-gestion-administration, numérique, BTP et aménagement, économie bleue, développement durable, coopération caribéenne).

Pour cela, une «stratégie de développement universitaire du territoire et le déploiement progressif des filières» doivent être réfléchis, de même que les modes de financement et de gouvernance des entités qui seront installées. Les besoins immobiliers et numériques doivent aussi être identifiés. D'où la recherche d'un consultant pour accompagner la COM dans ces démarches.

Institut de formation en soins infirmiers

«Le centre hospitalier Louis-Constant Fleming, les structures d'hospitalisation à domicile, les établissements pour personnes âgées, les services de soins à domicile et les structures médico-sociales connaissent des tensions de recrutement chroniques. Les jeunes du territoire doivent partir en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ou dans l'Hexagone pour suivre la formation en soins infirmiers, avec un taux de retour insuffisant», constate la COM.

«Le passage de l'ouragan Irma a démontré l'importance d'une capacité locale de formation en santé pour la résilience sanitaire du territoire» poursuit la COM qui souhaite ré-étudier la création d'un institut de formation en soins infirmiers sur le territoire avec une première promotion cible de 25 à 30 étudiants.

Un diagnostic territorial et sanitaire doit être réalisé afin de recenser les besoins en infirmiers, identifier précisément les tensions de recrutement et les opérateurs de formation susceptibles de porter et/ou gérer l'institut. Pour cela, des enquêtes seront menées auprès des structures sanitaires et médico-sociales, des candidats potentiels. Ensuite, la COM accompagnée du consultant, devra choisir le mode de fonctionnement de l'institut (opérateur privé, gestion directe en régie ou établissement public, partenariat), évaluer son modèle économique.

Le dossier devra aussi être présenté à l'agence régionale de santé qui vérifiera notamment si le projet pédagogique est bien conforme au cadre national du diplôme d'Etat d'infirmier.

Pour rappel, ce type d'établissement avait été installé dans les années 2010 à Saint-Martin mais avait dû fermer en raison d'un coût de fonctionnement trop élevé.

Définition d'une stratégie territoriale de bilinguisme et de trilinguisme éducatif

«Saint-Martin présente un plurilinguisme marqué : l'anglais caribéen est la langue maternelle d'une part importante de la population, aux côtés du français, de créoles et de l'espagnol. Saint-Martin a un intérêt à structurer une politique linguistique territoriale renforçant la maîtrise du français, l'ouverture certifiée à l'anglais et à l'espagnol, l'employabilité des jeunes, l'attractivité économique et la coopération régionale caribéenne», convient la COM.

C'est pourquoi elle veut se doter d'une «stratégie territoriale de bilinguisme et de trilinguisme» ainsi que d'un schéma directeur linguistique opérationnel. Pour définir cette «politique linguistique territoriale», un diagnostic sera réalisé afin d'identifier les langues parlées et maternelles des élèves et de leur famille. Le niveau linguistique des élèves et les besoins des entreprises seront analysés. Les dispositifs existants, notamment les classes bilingues, seront aussi recensés. Des «scénarios de généralisation progressive du français, de l'anglais et de l'espagnol» seront étudiés.

La COM précise que toute action portant sur l'organisation scolaire devra faire l'objet d'une convention avec l'Etat et le rectorat.

Pour rappel, en novembre 2023, une délégation d'agents de la COM et de l'Education nationale était partie dans le Nouveau-Brunswick au Canada. L'objectif était de s'inspirer de cet état où le français et l'anglais sont reconnus comme langues officielles, en matière d'enseignement.

La première mission doit durer un an, la seconde neuf mois et la dernière trois mois. 


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Estelle Gasnet