07.07.2026

Diagnostic territorial 2025 : Saint-Martin face aux séquelles d’Irma et de la crise sanitaire

Ce lundi 6 juillet 2026, l’ITSEE a présenté dans ses locaux de Hope Estate le diagnostic territorial 2025, réalisé en partenariat avec la Direction interrégionale Antilles-Guyane de l’Insee (DIRAG). La conférence de presse s’est tenue en présence d’Alain Richardson, président de l’ITSEE et de Patrick Hernandez, directeur régional de l’Insee pour les Antilles-Guyane.

Le constat dressé est sans appel : près de neuf ans après le passage de l’ouragan Irma et plusieurs années après la crise sanitaire de COVID-19, leurs conséquences continuent de marquer le territoire.

En 2022, la partie française de Saint-Martin compte 31 500 habitants, soit une perte de 4 200 résidents en dix ans (-12 %). Si Irma a accéléré cette baisse démographique, celle-ci était cependant déjà engagée auparavant. À l’inverse, la partie néerlandaise, Sint Maarten, poursuit sa croissance et compte désormais environ 42 000 habitants, accueillant 58 % de la population de l’île.

Cette diminution de la population s’explique principalement par un déficit migratoire, les départs étant plus nombreux que les arrivées. L’excédent naturel, avec davantage de naissances que de décès, ne suffit plus à compenser cette tendance. Dans le même temps, la population vieillit : les moins de 25 ans représentent désormais 35 % des habitants contre 41 % en 2012, tandis que les personnes âgées de 60 ans et plus sont passées de 10 % à 17 % de la population.

Le diagnostic souligne également les particularités démographiques de Saint-Martin. La population reste composée d’environ un tiers de natifs, un tiers d’immigrés et un tiers de personnes originaires d’autres régions françaises. Parmi les immigrés, la majorité est née en Haïti, en Dominique ou en République dominicaine.

Sur le plan économique, le tourisme peine toujours à retrouver son niveau d’avant Irma. Malgré un rebond après la crise sanitaire, la richesse créée par les secteurs de l’hébergement et de la restauration reste nettement inférieure à celle de 2017. À l’inverse, la reconstruction a soutenu le secteur du bâtiment, tandis que les activités de santé et d’action sociale ont fortement progressé.

Enfin, le marché du travail montre quelques signes d’amélioration. Le taux d’emploi est en hausse depuis 2012 et la part des personnes se déclarant au chômage est passée de 25 % à 22 % entre 2012 et 2022.

Cyrile POCREAU