26.06.2026

Extension du port : des mesures prises pour préserver l'environnement

Dans le cadre de l'extension du port de commerce, l'établissement portuaire a dû soumettre son projet à l'autorité environnementale (ou sa mission régionale) afin d'évaluer l'impact des travaux et des futurs ouvrages sur l'environnement.

Les travaux à réaliser, sept enjeux environnementaux

Le projet consiste à draguer et baliser un chenal permettant l’accès de navires de plus fort tonnage, à créer des terre-pleins supplémentaires de stockage, a réaliser un quai de croisière et de deux autres nouveaux quais de commerce.

Sept enjeux ont alors été identifiés par l'autorité environnementale :la biodiversité et les écosystèmes marins ; la qualité des eaux littorales et côtières ; les risques naturels, en particulier cyclones, séisme ; les émissions de gaz à effet de serre et la vulnérabilité du projet au changement climatique notamment à l’évolution des aléas et à l’élévation du niveau de la mer ; le cadre de vie (déchets, pollutions, impacts liés aux bateaux de croisière) ; le trafic routier et les déplacements (notamment impact sur le trafic terrestre de poids lourds) ; le patrimoine culturel.

Mesures ERC

Afin de minimiser l'impact du projet sur l'environnement, l'établissement portuaire doit mettre en œuvre des mesures dites ERC (éviter, réduire, compenser).

  • Mesures d'évitement

Afin de limiter à la source les atteintes aux milieux naturels, l'établissement doit «optimiser l'emprise des ouvrages et des volumes dragués, adapter le phasage des travaux afin d'éviter les périodes biologiquement sensibles (reproduction des baleines, ndlr) et localiser les opérations de dragage et de clapage dans des zones de moindre sensibilité écologique ».

Les engins de chantier et les navires mobilisés devront aussi, autant que possible, utiliser des lubrifiants et huiles biodégradables. L'arrêté préfectoral stipule également que les travaux générant battage un bruit sous-marin significatif (notamment dragage, éventuel de pieux, clapage, démolition lourde en mer) sont strictement interdits présence de grands cétacés (et en particulier de baleines à bosse) dans un rayon sécurité défini par un protocole de suivi acoustique.

  • Mesures de réduction

Pour limiter l'intensité, l'étendue et la durée des impacts résiduels, l'établissement devra maîtriser la turbidité et les matières en suspension et mettre en place des dispositifs de protection de la faune marine ainsi que des protocoles d'adaptation ou d'arrêt des travaux en cas de dépassement des seuils définis.

Par exemple, l'usage de dragues hydrauliques sera exclu (sauf justification préalable acceptée par le service charge de la police de l'eau) afin de limiter la remise en suspension de sédiments. Le dragage devra être organisé par séquences successives : draguer en priorité les sables (matière moins fine) et traiter les argiles en dernier tout en veillant à limiter la durée d'exposition des zones décaissées. Pendant les opérations de dragage, des rideaux seront installés afin de confiner les particules et limiter leur dispersion. A noter que des rideaux seront aussi installés dans la zone de prise d'eau potable.

  • Mesures de compensation

Les impacts résiduels significatifs doivent être compensés de sorte à «assurer une équivalence écologique fonctionnelle et durable». Les mesures prises doivent permettre la restauration, la création ou la protection d'habitats marins. Des programmes de suivi écologique pluriannuel doivent être mis en place ainsi que des garanties financières, techniques et organisationnelles nécessaires à la pérennité des actions.

Par exemple, les herbiers marins d'intérêt, y compris ceux situés hors de la zone de travaux mais susceptibles d'être affectés par les modifications d'usages (mouillages, trafic), devront faire l'objet d'un programme de suivi scientifique débutant au minimum un an avant le démarrage des travaux, pendant toute la durée du chantier et pendant au moins 25 ans en phase d'exploitation. Concernant les coraux qui se trouvent actuellement sur la digue, il sera tenté de les «sauver par une translocation ».

L'ensemble des mesures est détaillé dans l'arrêté préfectoral autorisant le projet.

(crédit photo : établissement portuaire)

Estelle Gasnet