16.06.2026

Violences et agressions sexuelles à la Baie Orientale : deux hommes condamnés

Le vendredi 12 juin, deux hommes comparaissaient devant le tribunal de proximité de Saint-Martin. R.R, déjà détenu à Baie-Mahault, était poursuivi pour agressions sexuelles en réunion et violences aggravées avec arme. G.G répondait quant à lui pour violences volontaires en réunion avec préméditation.

Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 mai 2024. Vers 2h15, la section de recherches de la gendarmerie est appelée au poste de sécurité de la Baie Orientale, où trois femmes viennent de trouver refuge. Ce soir-là, une soirée électro est organisée à l’extrémité nord de la plage. L’une des victimes s’y rend à pied pour rejoindre des amis lorsqu’à hauteur du Coco Beach, un homme surgit et la plaque au sol. Un second individu le rejoint rapidement. Alertées par la scène, deux femmes tentent de lui porter secours mais sont à leur tour prises à partie et menacées avec des armes de poing. Un troisième homme, vraisemblablement G.G, jusque-là resté en retrait, rejoint alors le groupe.

Les trois victimes sont jetées au sol et contraintes de remettre leurs bijoux et téléphones. Les violences redoublent lorsque les agresseurs comprennent que deux d’entre elles entretiennent une relation. Elles décrivent un « enchaînement de violences » incluant des agressions sexuelles. Face à leur résistance, les hommes finissent par prendre la fuite.

Pendant plusieurs mois, l’enquête piétine faute d’identification les auteurs. Un tournant intervient le 24 juin 2025 lorsque R.R est mis en examen dans une autre affaire de viol sous la menace d’une arme. Les données GPS de son bracelet électronique permettent alors d’établir sa présence sur les lieux au moment des faits.

Lors de son audition, R.R reconnaît s’y être trouvé avec trois complices. Parmi eux, seul G.G sera poursuivi. Le meneur présumé est toujours en fuite, tandis qu’un quatrième suspect, D.S, est finalement mis hors de cause. Selon l’enquête, il aurait été accusé par les deux prévenus par vengeance après avoir dénoncé G.G dans une précédente affaire.

Des individus particulièrement dangereux

Pendant l’audience, les deux hommes reconnaissent les violences et les vols commis « pour se faire de l’argent facile », mais contestent toute agression sexuelle. Pour la vice-procureure de la République, les faits, qu’elle qualifie « d’une extrême gravité » sont pleinement caractérisés. « Je ne vois pas pourquoi on ne croirait pas les témoignages des victimes qui concordent » souligne-t-elle. Estimant que G.G est « bien ancré dans le milieu criminel », elle requiert cinq ans d’emprisonnement. Concernant R.R, dont elle décrit le profil comme « inquiétant et particulièrement dangereux », elle demande huit ans de prison. Une seule victime s’est constituée partie civile. Aucune n’était présente à l’audience en raison du traumatisme subi.

Pour l’avocate de R.R, difficile de déterminer précisément le rôle de chacun. « Le faisceau d’indices n’est pas suffisant. Aucune victime n’est en mesure d’identifier clairement son agresseur » a-t-elle plaidé, estimant que son client ne pouvait être tenu pour responsable de l’ensemble des faits reprochés.

Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré les deux prévenus coupables de l’ensemble des faits reprochés. G.G a été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. R.R écope de sept ans de prison avec maintien en détention, d’une interdiction de détenir ou porter une arme pendant cinq ans et de son inscription au Fijaisv (fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes). Le tribunal a également reçu la constitution de partie civile de la victime et renvoyé l’examen des intérêts civils au 3 novembre 2026.

Cyrile POCREAU