Les salariés du St-Martin Beach Resort à Anse-Marcel dénoncent un "sabordage de l'emploi"
L'inquiétude reste vive parmi les salariés du St-Martin Beach Resort à Anse-Marcel. Réunis ce mercredi 10 juin devant l’hôtel, ils ont échangé sur le projet de suppression de 122 postes sur les 130 que compte l'établissement et dénoncé ce qu'ils considèrent comme une fermeture organisée.
Fermé depuis le 15 décembre 2025, l'ancien hôtel Secrets, propriété de la société SOLCER, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre. Depuis cette date, les salariés continuent de percevoir leur rémunération, mais restent dans l'attente d'une issue concernant leur avenir professionnel.
Pour le Comité social et économique (CSE), le projet de licenciement ne repose pas sur des difficultés subies mais sur des décisions de gestion délibérées. Les représentants du personnel accusent notamment la direction d'avoir utilisé le passage de la commission de sécurité comme prétexte pour fermer l'établissement en urgence le 15 décembre, sans attendre le rapport définitif remis le 9 janvier 2026.
« Aucun document n'imposait une fermeture immédiate de l'hôtel » affirme Ingrid Mathurin, secrétaire du CSE. « Le registre de passage de la commission de sécurité, seul document présenté dans un premier temps au CSE, préconisait seulement la réalisation de travaux dans un délai de quinze jours ainsi que la mise en place d'une surveillance renforcée en attendant leur exécution » continue-t-elle en rappellant également que les services de la préfecture ont confirmé qu'aucun arrêté administratif n'avait été pris pour ordonner la fermeture de l'établissement.
« Dans ces conditions sa fermeture totale et immédiate ne peut être interprétée que comme une manœuvre destinée à justifier un plan massif de suppressions d’emplois visant plus de 90% des effectifs » appuie le comité. Celui-ci dénonce par ailleurs une réduction progressive de l'activité qui aurait contribué à dégrader artificiellement la situation économique de l'hôtel. La capacité d'accueil serait ainsi passée de 258 à 165 chambres, puis à 120 chambres, notamment avec la fermeture d'un bâtiment entier. « Les faits sont accablants. La réduction de l'activité n'est pas subie, elle est organisée » estime la représentante du personnel.
Les salariés critiquent également le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qu'ils jugent insuffisant. Selon eux, le document évoque seulement un démarrage hypothétique des travaux, sans calendrier précis ni engagement sur une éventuelle date de réouverture de l'établissement. Ils estiment également que les mesures de reclassement proposées sont inadaptées aux réalités du marché de l'emploi à Saint-Martin.
Face à ce qu'ils qualifient de « véritable démantèlement » de l'entreprise, les élus du CSE réclament l'abandon ou la refonte profonde du projet de licenciement et se réservent le droit de saisir les autorités compétentes pour défendre les droits des salariés.








