06.05.2026

Monopole du trafic régional aérien : Air Caraïbes réagit aux critiques de ses prix

La disparition d’Air Antilles provoque une situation de monopole tarifaire pour Air Caraïbes sur le réseau régional. Lundi 4 mai, à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la liaison directe entre Paris-Orly et Juliana, désormais assurée en Airbus A350-900, Paul-Henri Dubreuil, président du groupe Dubreuil Aéro, a apporté des éléments de réponse et précisé la position du groupe sur ce sujet.

« On voit beaucoup de choses sur les réseaux, selon lesquelles Air Caraïbes, en monopole, profiterait de la situation. C’est complètement faux » affirme le dirigeant. Il assure que la compagnie a maintenu ses niveaux de prix, évoquant en exemple des billets aller/retour à 199 euros entre Pointe-à-Pitre et Grand-Case. Il précise qu’une part importante de ce tarif est constituée de taxes, à hauteur de 57% : « Sur ces 199 euros, 112,57 euros sont reversés en taxes. Il ne reste que 86,43 euros à la compagnie, soit environ 43 euros par trajet ».

Selon lui, cette structure de coûts explique les difficultés économiques du secteur. « Le réseau régional n’a été rentable que trois années sur plus de vingt ans d’exploitation » souligne-t-il en ajoutant que l’exploitation d’un ATR représente un coût par passager/kilomètre sept fois plus élevé que celui d’un avion long-courrier. « Il n’y a pas de miracle sur le transport régional. C’est la réalité de ces petits vols et c’est valable partout dans le monde. Celui d’Air Caraïbes ne vit que parce qu’il est en partie soutenue par son réseau long-courrier, permettant de mutualiser certains coûts » insiste-t-il.

Maintien des prix et programme de vols renforcé

Avec l’annonce de la liquidation judiciaire d’Air Antilles, Air Caraïbes se retrouve seule à opérer les vols régionaux pour la Guadeloupe ou la Martinique. La compagnie affirme avoir renforcé son programme de vols grâce à une flotte de quatre ATR. « Nous avons augmenté notre offre d’environ 30 %, dont 20 % à Saint-Martin, en passant de cinq à sept vols quotidiens » précise Karen Virapin, directrice générale déléguée de la compagnie. Lors de périodes de forte affluence ou d’événements, comme ce fut le cas pour les festivités carnavalesques, ce programme peut atteindre huit à neuf rotations par jour.

Cyrile POCREAU