Santé : une campagne choc pour prévenir les addictions chez les femmes enceintes
Ce vendredi 24 avril, la Maison des Femmes de Saint-Martin accueillait la présentation de la campagne de prévention dédiée aux addictions chez les femmes en âge de procréer. Porté par Aude Canale Fatou, présidente de la structure et responsable du pôle addiction, ce projet entend répondre à un véritable enjeu de santé publique sur le territoire. Plusieurs professionnels comme Paul Guibert, directeur de l’ARS à Saint-Martin, qui soutien financièrement le projet, étaient présent pour l’occasion.
Au cœur de cette initiative : une campagne composée de quatre affiches, conçues pour interpeller les différentes communautés de l’île. « Je voulais une campagne qui ressemble à Saint-Martin » explique Aude Canale Fatou. L’idée a donc été de co-construire les messages avec des femmes du territoire afin de proposer des slogans adaptés à chaque public. Les affiches sont déclinées en créole haïtien, anglais, espagnol et français pour toucher le plus grand nombre.
Le choix visuel est volontairement marquant : on y voit par exemple une femme enceinte faire du wheeling, de sauter en parachute ou encore de pratiquer la lucha libre. Des images fortes, destinées à provoquer une réaction immédiate. « L’objectif est de créer un choc visuel qui amène à faire le parallèle avec une réalité souvent banalisée, la consommation d’alcool ou de substances toxiques pendant la grossesse » explique la professionnelle.
Un problème de santé publique préoccupant
Cette campagne fait suite à un constat alarmant : à Saint-Martin, un nombre important de handicaps non génétiques est lié à la consommation d’alcool pendant la grossesse. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : un manque d’information, une forte pression sociale autour de la consommation d’alcool, mais aussi la stigmatisation des personnes qui choisissent de ne pas boire. À cela s’ajoute un contexte local particulier, marqué par une forte présence de publicités pour l’alcool.
Les affiches seront diffusées à partir du mois de mai auprès de l’ensemble des professionnels du territoire, avec l’ambition d’être visibles partout : cabinets médicaux, structures de santé, lieux publics. La campagne devrait également dépasser les frontières de l’île : elle sera relayée dans les Maisons des Femmes partout en France.
Pour le représentant de l’ARS, cette campagne constitue « un déclencheur ». La suite reposera sur la mobilisation des professionnels de santé, appelés à relayer ces messages et à accompagner les femmes concernées.









