ASBIOAS : une association pour faire pousser l’avenir agricole et social de Saint-Martin
À Saint-Martin, où près de 99 % des fruits et légumes sont importés, la question de la souveraineté alimentaire devient cruciale. C’est dans ce contexte qu’est née l’association ASBIOAS (Association Saint-Martinoise de bioagriculture sociale), un projet qui vise à repenser à la fois l’agriculture, le développement social et l’équilibre urbain de l’île.
Créée en janvier 2024 par Raffaele Rispoli et Cyrille Ognar, l’association s’appuie sur le concept de bioagriculture sociale. Cette approche associe production agricole biologique et objectifs sociaux, avec l’idée de développer une agriculture accessible, inclusive et ancrée dans le territoire. Il ne s’agit pas seulement de produire, mais aussi de créer des compétences, des revenus et des perspectives, notamment pour les habitants des quartiers prioritaires. Il ambitionne de former une nouvelle génération d’acteurs agricoles, en particulier parmi les jeunes et les personnes éloignées de l’emploi.
Pour répondre aux contraintes spécifiques de l’île — manque de terres agricoles, accès difficile à l’eau, dépendance aux importations — ASBIOAS souhaite expérimenter des modèles innovants de microagriculture urbaine et périurbaine. Inspirés notamment de systèmes développés dans des contextes contraints comme Cuba ou la Jordanie, ces dispositifs permettent, sur de petites surfaces, d’atteindre des rendements significatifs. Sur seulement 35 m², il est par exemple possible de produire jusqu’à une tonne de fruits et légumes par an.
Une association en attente de soutien
Parallèlement, l’association porte le projet « FruitMartin », centré sur la création de pépinières locales. L’enjeu est de reconstruire une base de variétés fruitières adaptées au climat de Saint-Martin, aujourd’hui largement absentes ou importées dans des conditions peu optimales. À terme, ces pépinières permettraient de réduire la dépendance extérieure et de relancer une filière agricole locale.
Malgré un projet structuré et des dossiers prêts pour accéder à des financements européens, l’association se heurte aujourd’hui à un obstacle majeur : l’absence de terrain. Sans espace pour développer ses activités, difficile de passer de la théorie à la pratique. Pour Raffaele Rispoli, le soutien des institutions locales est donc essentiel. Il appelle à une mobilisation collective pour faire de l’agriculture un véritable levier stratégique pour l’île.






