14.04.2026

«La vérité et la justice» pour leur fils : le combat de parents

«Justice pour notre fils.» C'est pour être certaine que la justice soit la plus juste que ces parents se battent. Précisément pour que la procédure d'appel se déroule dans des conditions garantissant une «totale impartialité» de la Justice.

En première instance, le tribunal de Saint-Martin a jugé un prévenu opposé à ces parents constitués partie civile et n'a pas suivi les réquisitions du parquet en rendant un délibéré très différent, ce qui les a plongés dans une «totale incompréhension». Ils se sont d’abord interrogés sur les éléments juridiques qui ont pu motiver cette décision. Mais aussi sur la façon dont elle a été rendue. Selon leurs sources, l’avocat de la défense aurait eu, au moment du procès, un lien avec l’une des juges et cette dernière n’a pas choisi de se déporter, c'est-à-dire de ne pas juger l'affaire et la laisser à un collègue. Aussi la décision du tribunal aurait-elle pu être prise et rendue dans un contexte qui ne satisfait pas la condition d'impartialité.

Si la loi n'interdit pas à un magistrat et à un avocat d'entretenir une relation (familiale, économique, amoureuse, etc.), des principes de conduite professionnelle doivent toutefois être respectés afin d'empêcher le justiciable de penser que le juge ait pu être influencé par ledit avocat. Le conseil supérieur de la magistrature prévoit par exemple que si le juge a «un lien avec une partie, son conseil, un expert», il doit «demander à être dessaisi ou se déporter». Il peut aussi être récusé par une partie à la condition que des éléments objectifs prouvant un risque d'impartialité, soient rapportés.

A l'ouverture du procès, cette famille n'imaginait pas une éventuelle proximité entre les deux professionnels du droit. Elle avait confiance en la Justice et n'avait aucune raison d'avoir des doutes. Mais, depuis, certains dysfonctionnements et faits* en ont éveillé. Afin de les confirmer ou les infirmer, elle a engagé un détective privé, entamé des démarches auprès des autorités. Elle veut savoir si la Justice a pu manquer d'impartialité. Et si manquement il y a eu, qu'il ne soit pas répété lors du procès en appel en Guadeloupe dont la date n'est pas encore fixée.

Ces parents souhaitent que la justice puisse s’exercer dans «des conditions équitables, transparentes et respectueuses des droits des victimes». Dans cette épreuve, leur démarche est guidée par «une seule exigence : la vérité et la justice pour leur fils».

* Elle ne souhaite pas les divulguer publiquement

Estelle Gasnet