Crise de l’eau : Louis Mussington annonce des mesures d’urgence
« Il est inacceptable qu’il n’y ait pas d’eau dans les robinets » a martelé Louis Mussington. Face à la crise de l’eau et aux tensions survenues lors du dernier conseil territorial, le président de la Collectivité a tenu une conférence de presse afin de clarifier la situation. Dès l’ouverture de son intervention, il a posé le constat : Saint-Martin traverse une crise majeure de l’eau. Refusant toute politisation du débat, il a insisté sur la notion de responsabilité. Il a rappelé son rôle de garant des services essentiels, soulignant qu’il est inacceptable que des habitants, ainsi que des institutions comme les écoles, à l’image du Lycée Robert Weinum, soient privés d’eau potable.
10 millions d’euros mobilisés
Au cœur du problème : une usine de production d’eau vieillissante, endommagée notamment par Ouragan Irma. Âgée de plus de 30 ans, elle souffre d’un manque d’entretien et de pièces devenues obsolètes. Le président a reconnu que des dysfonctionnements structurels étaient connus depuis son arrivée. Des tensions persistent également entre la SAUR et l’établissement de l’eau et de l’assainissement (EEASM), ce dernier pointant des manquements dans l’exécution du contrat ainsi que des désaccords sur la gestion et l’entretien des installations.
Face à l’urgence, la décision de rediriger 9 à 10 millions d’euros de fonds européens, initialement prévus pour la construction d’une nouvelle usine, vers la réhabilitation immédiate des installations existantes a été prise. Dans cette optique, plusieurs mesures concrètes ont été annoncées pour les semaines à venir : la mise en service prochaine d’unités mobiles de production d’eau, la commande de nouveaux équipements, dont deux pompes, ainsi que des travaux d’urgence sur l’usine actuelle. Ces interventions devraient permettre à l’installation de fonctionner encore 3 à 5 ans, le temps de concrétiser la construction d’une nouvelle usine.
Une nouvelle usine toujours en projet
La construction d’une nouvelle usine de production d’eau reste une priorité pour Louis Mussington, mais le projet se heurte encore à plusieurs blocages majeurs. Parmi les principaux freins figurent des difficultés foncières liées au site d’implantation, toujours en cours de régularisation, ainsi qu’un montage financier incomplet. Le coût du projet, réévalué à environ 45 millions d’euros en raison d’une capacité de production revue à la hausse (jusqu’à 13 000 m³ par jour), suscite des interrogations chez certains partenaires financiers. Malgré ces contraintes, la Collectivité maintient son engagement, avec une participation prévue de 12 millions d’euros, même si les conditions ne sont pas encore réunies pour lancer les travaux.




