Le lycée Robert Weinum en mobilité à Amsterdam : mémoire, citoyenneté et jeu vidéo historique
Douze élèves du lycée Robert Weinum quittent Saint-Martin samedi 21 mars pour les Pays-Bas, dans le cadre d'un projet Erasmus+ centré sur la mémoire de la Shoah. Certains présentent également un jeu vidéo candidat au Concours National de la Résistance et de la Déportation.
Le lycée Robert Weinum poursuit son engagement dans le projet Erasmus+ Mémoires Croisées — Shared Memories, A European Civic Journey, mené en partenariat avec le Vechtstede College de Weesp (Pays-Bas). Ce samedi 21 mars, douze élèves de seconde et de terminale, accompagnés de trois membres de l'équipe pédagogique — Sullivan Munoz, professeur d'Histoire-Géographie et porteur du projet, Léo Deidda, professeur de Philosophie, et Rashida Paines, technicienne de laboratoire — s'envolent pour Amsterdam où ils séjourneront du 22 au 29 mars.
La mobilité s'articule autour d'une semaine d'activités communes avec les lycéens néerlandais : visite de la Maison d'Anne Frank, du camp de transit de Westerbork d'où plus de 100 000 Juifs, Roms et Sinti néerlandais ont été déportés, ateliers de co-production bilingue, et hébergement en familles d'accueil néerlandaises pour une immersion culturelle complète. Ce projet s'inscrit dans la continuité du CNRD 2025, pour lequel le lycée avait décroché le 2ᵉ prix académique.
Un jeu vidéo historique candidat au concours national
Parallèlement à la mobilité Erasmus+, les élèves de l'Atelier Premier Campus Sciences Po (classes de seconde) soumettent cette année une candidature au Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) 2025-2026, dont le thème est « La fin de la Shoah et de l'univers concentrationnaire nazi : survivre, témoigner, juger (1944-1948) ».
Leur réalisation, intitulée Les Voix qui restent, est un jeu vidéo narratif interactif, entièrement jouable depuis un navigateur web, en français et en anglais. Le jeu met en scène quatre personnages inspirés de réalités historiques — dont William, directement inspiré de Lionel Romney, marin né à Saint-Martin et déporté au camp de Mauthausen, dont l'histoire a été documentée par l'historien saint-martinois Serge Gumbs et par la fille de Lionel, Mary Romney-Schaab. Ce personnage local ancre la grande histoire dans la réalité de l'île et rappelle que la déportation nazie a aussi touché des hommes des Caraïbes.
Le jeu, développé par les élèves avec l'encadrement de M. Munoz, repose sur 132 nœuds narratifs, 49 points de choix et plus de 500 000 combinaisons de parcours possibles. Il couvre la période 1944-1948 à travers les libérations des camps, les procès de Nuremberg, le mouvement Bricha et la non-reconnaissance du génocide rom (Porajmos). Chaque partie est unique.
Le choix du bilinguisme français-anglais reflète la réalité de Saint-Martin, île de plus de soixante-dix nationalités partagée entre la France et les Pays-Bas depuis le Traité de Concordia (1648). La version anglaise du jeu permet également de le partager avec les partenaires néerlandais du projet Erasmus+.
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