27.02.2026

Conflit de voisinage : il sort armé pour faire taire des travaux, le tribunal saisi

Ce jeudi 26 février, le tribunal de proximité de Saint-Martin a examiné une affaire de violences avec usage ou menace d’une arme, reprochées à M.R, pour des faits survenus le 21 décembre 2025.

Ce dimanche matin-là, F.M, accompagné de son épouse et de leur fils, effectue des travaux dans deux appartements dont le couple est propriétaire et propose à la location. Incommodé par le bruit, leur voisin, M.R, sort de son logement pour aller à leur rencontre. Il se présente torse nu, une arme appuyée contre sa poitrine. Devant l'effroi de ses voisins, il pointe l’arme vers le ciel et actionne la détente afin de démontrer qu’elle n’est pas chargée. Il regagne ensuite son domicile pour y déposer l’arme, puis tente de reprendre la conversation. Les voisins, choqués, refusent tout échange.

Le lendemain, F.M. dépose plainte auprès de la gendarmerie. L’unité médico-légale lui délivre un jour d’incapacité totale de travail (ITT) pour anxiété réactionnelle.

À la barre, le prévenu reconnaît une « erreur de discernement ». Titulaire d’une licence de tir sportif et de ball-trap, il explique qu’il nettoyait son arme au moment des nuisances sonores. « Je l'ai prise sans m’en rendre compte. Ma fille de cinq ans faisait la sieste et je ne voulais pas qu’elle y ait accès. J’ai l’habitude de manipuler des armes depuis seize ans. J’ai réalisé trop tard que c’était une erreur de sortir avec » déclare-t-il, affirmant entretenir habituellement de bonnes relations avec les victimes.

La question de l’intention

Pour l’avocate des parties civiles, il ne s’agit pas d’un simple port d’arme passif mais d’un acte délibéré destiné à impressionner. Elle estime que le prévenu tente de minimiser les faits en invoquant des termes techniques. « Que l’arme ait été chargée à blanc ou non ne change rien à la perception qu’en ont eue les victimes » plaide-t-elle. Un argument partagé par la vice-procureure de la République : « Quand on vit depuis douze ans sur cette île, on ne peut ignorer la problématique des armes. Ce ne sont pas des jouets. C’est ainsi que l’on finit par blesser quelqu’un. »

Elle requiert un an d’emprisonnement assorti du sursis, la confiscation de l’ensemble des armes du prévenu ainsi qu’une interdiction de port d’arme pendant dix ans. Les parties civiles réclament 2 000 euros au titre du préjudice moral pour F.M, et 1 500 euros chacun pour son épouse et leur fils. 1500 euros supplémentaires chacun ont également été demandé pour chacune des victimes.

De son côté, l’avocat de la défense plaide la relaxe. Il interroge la préméditation et souligne que l’arme n’a jamais été dirigée vers les victimes. Selon lui, le geste visait uniquement à démontrer son absence de dangerosité.

Le tribunal rendra sa décision le 5 mars à 8 h 30.

Cyrile POCREAU