Violences à l’hôpital : une patiente condamnée pour avoir frappé une agente administrative
Ce jeudi 28 février, le tribunal de proximité de Saint-Martin a examiné une affaire de violences commises à l’encontre d’une professionnelle de santé au sein du centre hospitalier Louis-Constant Fleming.
Le 30 novembre 2023, A.M, agente administrative à l’unité de soins intensifs, dépose plainte auprès de la gendarmerie. Elle affirme avoir été agressée par une patiente, O.L, hospitalisée pour des crises d’épilepsie récurrentes.
Selon la plainte, les faits se déroulent lors des formalités de sortie. La patiente s’emporte, profère des insultes et quitte le bâtiment avant d’y revenir pour s’en prendre physiquement à l’employée. Elle lui assène plusieurs coups, dont un au visage, provoquant une fracture du nez. L’exploitation des caméras de vidéosurveillance de l’établissement viendra corroborer la version de la victime.
Entendue par les enquêteurs, la mise en cause reconnaît s’être énervée, évoquant l’agacement qu’aurait manifesté l’agente administrative à son égard. Soumise à une expertise psychiatrique, elle ne présente aucune anomalie mentale ou psychique. Le rapport souligne toutefois un possible risque de récidive.
À l’audience, la prévenue, aujourd’hui stabilisée, affirme ne pas se souvenir de la scène. Elle reconnaît néanmoins sa culpabilité, qu’elle relie à sa pathologie. Son avocate plaide le contexte médical : « Les gyrophares et la lumière vive peuvent contribuer au déclenchement de troubles neurologiques » soutient-elle, rappelant un parcours de soins long de six ans.
La partie civile, tout en entendant ces arguments, insiste cependant sur la gravité des faits et sur la multiplication des violences visant le personnel soignant. L’avocate d’A.M souligne l’impact durable de l’agression : initialement évaluée à six jours d’incapacité totale de travail, la victime a finalement été arrêtée près d’un an, profondément marquée par les faits.
La vice-procureure de la République estime la prévenue qui ne présente pas de casier judiciaire pleinement responsable de ses actes. Elle a requiert six mois d’emprisonnement assortis d’un sursis total ainsi qu’une amende de 1 500 euros.
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne O.L à quatre mois d’emprisonnement assorti d’un sursis simple et 500 euros d’amende. L’examen du préjudice moral de la partie civile a été renvoyé au 2 juin 2026 à 14 heures.







