06.02.2026

"2025 est une année encourageante" : la délinquance en baisse à Saint-Martin

Un État-Major de Sécurité s’est tenu ce jeudi 5 février en préfecture pour faire le point sur la situation sécuritaire à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. La réunion, co-présidée par le préfet Cyrille Le Vély et le procureur général Éric Maurel, a permis de présenter à la presse un bilan globalement positif de la lutte contre l’insécurité sur les deux territoires.

Les chiffres témoignent d’une baisse globale de la délinquance de 2,7 % en 2025, avec 3 974 crimes et délits enregistrés contre 4 084 en 2024. Cette tendance à la baisse concerne l’ensemble des indicateurs, notamment les atteintes aux personnes, les atteintes aux biens et les violences intrafamiliales. Le taux d’élucidation des enquêtes progresse également, passant de 45 % à 54 %.

La lutte contre le narcotrafic demeure une priorité majeure. En 2025, cinq points de deal ont été démantelés et plus de 1 600 kilos de stupéfiants ont été saisis. Les autorités ont aussi enregistré des résultats significatifs contre la violence armée, avec une diminution de 30 % des vols à main armée et des saisies d’armes deux fois plus importantes que l’an dernier.

Concernant la criminalité de sang, les tentatives d’homicide connaissent une chute de 80 %, même si le nombre d’homicides est en légère hausse (7 contre 6 en 2024). Le procureur général a rappelé que, malgré ces progrès, Saint-Martin reste confrontée à un niveau de criminalité très élevé, avec un taux 8,8 fois supérieur à la moyenne nationale. Éric Maurel a néanmoins salué une situation maîtrisée, portée par une action proactive et innovante des services de police et de gendarmerie : « Saint-Martin est devenu un véritable laboratoire en matière de sécurité. Il y a ici des innovations, des organisations qui n'existent nulle part ailleurs ».

Des innovations opérationnelles décisives

Afin d’expliciter ces chiffres, le lieutenant-colonel de gendarmerie a détaillé huit innovations majeures, réparties entre maintien de l’ordre public et le judiciaire. 

Pour l’ordre public :

  • Création d’une brigade à Sandy Ground
  • Transformation de la brigade motorisé en task force contre les violences routières
  • Passage à une opération quotidienne, au lieu d’hebdomadaire
  • Mise en place d’un groupe nuit pour renforcer la présence nocturne

Pour le judiciaire :

  • Convergence entre renseignement et police judiciaire
  • Création d’une section d’appui judiciaire de renseignement avec la mise en place d’un thrombinoscope des fugitifs, ayant permis l’interpellation de 100 personnes en un an
  • Création prochaine d’une unité spécialisée dans la recherche des fugitifs
  • Réorganisation de la gendarmerie pour lutter contre les groupes criminels structurés, avec des outils technologiques avancés

Pour le préfet, la sécurité est un enjeu essentiel pour l’avenir du territoire, dont l’économie repose largement sur le tourisme. « La lutte contre le narcotrafic restera au cœur des priorités en 2026 », avec un renforcement des moyens techniques, de la vidéoprotection, de la coopération transfrontalière et de la sécurisation des ports et aéroports. Les autorités ont rappelé que ces résultats encourageants doivent s’inscrire dans une responsabilité collective, impliquant l’État, les collectivités, les familles et l’ensemble des acteurs du territoire.

Cyrile POCREAU