01.12.2016

Kasa Mapou, la première auberge de jeunesse éco-responsable de l'île

Les deux fondateurs ont lancé une campagne de financement participatif.

A Saint-Martin, seule la partie hollandaise abrite une auberge de jeunesse. Mais depuis déjà dix mois, Katell Ollivier et Simon Suppa, travaillent à la création de la première auberge de jeunesse éco-responsable de l’île, côté français. Leur projet s’inscrit dans l’air du temps, celui d’une prise de conscience citoyenne et écologique.

Si Saint-Martin n’est pas vraiment la destination numéro 1 des backpackers - clientèle majoritaire de ce type d’hébergement, les deux trentenaires visent également les marins, les clubs sportifs extérieurs, les commerciaux des îles voisines, les famille des expats, les saisonniers en recherche de logement et de travail… «L’idée est de proposer une alternative aux locations entre particuliers et aux hôtels de luxe»​, avance Simon Suppa avant de confier : «le public change, les prix des vols baissent et on s'adapte à cette nouvelle clientèle »

CRÉER DU LIEN SOCIAL ET SOUTENIR L'APPRENTISSAGE

En plus de proposer une solution d’hébergement abordable, les deux associés misent sur la création et l’entretien du lien social. «La salle commune comptera un tableau de petites annonces. Comme nous travaillons tous les deux dans la restauration sur l’île depuis plusieurs années nous pourrons aussi conseiller les meilleures adresses… » poursuit le jeune homme titulaire d’un master du tourisme de l'hôtellerie et des loisirs - option événementiel.

Ils aimeraient intégrer la population locale et ont déjà entamé les démarches nécessaires à l’embauche d’un jeune apprenti en cuisine. Ils tentent également de faire participer la section menuiserie à la confection du mobilier. Diplômée d’un master 1 en management commercial complété par un master 2 en communication et ressources humaines, Katell Ollivier a effectué l’ensemble de ses études supérieures en alternance et croit beaucoup en l’apprentissage.

Composée de quatre chambres doubles et de trois dortoirs, la Kasa Mapou devrait s’enrichir d’un potager pour alimenter au moins 20% de son bar/restaurant, d’une laverie, d’un espace chill, ainsi que dans l’idéal d’un jardin communautaire, d’une aire de jeux pour les enfants et d’un terrain de pétanque. Le tout, autour d’un Mapou, qu’ils ont décidé de prendre pour emblème. «En Haiti, on confère à cet arbre une dimension magique, il incarne la force et la sagesse, chez les Mayas le mapou se tenait au centre du monde et cet arbre de vie était le lien entre le monde souterrain, la terre et les esprits» expliquent-ils.

"L'ÉCOLOGIE A UN PRIX"

Les deux amis se sont portés acquéreur d’un bail commercial pour un bâtiment de 230 m2 à Grand Case situé sur un terrain de 1020m2 à côté de l’église et face à l’accès public à la plage. Leur ambition est de rendre le site le plus écologique possible à l’aide de panneaux photovoltaïques, de citernes de récupération des eaux de pluie, d’utilisation de plastique recyclable, de meubles issus de la récup’ et surtout d’une station d’assainissement. «Mais l’écologie a un prix» fait remarquer Simon Suppa qui précise qu’une station d’assainissement coûte dans les 45000€. «On pourrait faire une simple fosse, reconnaît-il, mais on souhaite faire vivre ce projet sans abîmer plus l’île qu’elle ne l’est déjà».

Entre les normes éco-responsables, la rénovation et l’extension du bâtiment, les travaux sont estimés à 180 000 euros. Les deux associés ont réussi à constituer un apport grâce à la solidarité de leurs familles respectives, et obtenu des prêts bancaires et d’Initiative Saint-Martin Active, mais leur budget n’est pas tout à fait bouclé. C’est pourquoi ils ont lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Bulb in Town, en trois paliers. Le principe du crowdfunding étant que si le montant demandé n’est pas atteint dans le temps imparti, les donateurs ne sont pas prélevés. La première cagnotte, qui s’élève à 7000€ a fait un excellent démarrage. Déjà 69% en moins d’une semaine. «Même dans nos plus beaux rêves nous n’avions pas espéré que ça prenne autant d’ampleur» se réjouit Simon Suppa. Si tout se passe comme prévu leur bar/restaurant devrait ouvrir début 2017. Pour la partie hébergement il faudra certainement attendre la fin de la saison.

 

Crédits photos @Pauline Reubin

Fanny Fontan
1 commentaire

Commentaires

Bel article. Mérité. A coup sûr " ça va lfaire" !!!!

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