26.10.2016

"Next Door", l'exposition de la porte à côté

La galerie Tropismes a rouvert ses portes le 21 octobre dans un nouvel espace avec l'exposition "Next Door".

« Next Door ». C’est le nom de la dernière exposition de la galerie Tropismes située boulevard de Grand Case, dont le vernissage s’est déroulé vendredi 21 octobre. Un titre clin d’œil puisque elle vient de déménager à seulement quelques mètres de son ancienne adresse. Elle s’étend désormais sur 160 m2 et héberge une soixantaine d’œuvres. Après deux mois de travaux, elle a ouvert ses portes le soir du vernissage. « C’est une des plus belles galeries de la Caraïbe » se targue l’artiste Paul Elliott Thuleau qui a créé Tropismes en 2005. Et on veut bien le croire à la découverte de cet espace aéré qui incite à s'aventurer dans les arrières-salles en enfilade. 

« Je peux enfin ressortir mon travail d’avant » se réjouit-il. Connu dans la Caraïbe pour ses tableaux de cases créoles colorées, Paul Elliott Thuleau a paradoxalement commencé sa carrière de peintre par l’abstrait. Il s’installe à Saint-Martin en 1998 et part naturellement vers le figuratif. « Ici on revient un peu à l’essentiel. Après avoir vécu dans de grandes villes comme Paris ou New York, on ne cherche plus à 'faire comme' » avance celui qui n'avait pas prévu d'être galeriste mais l'est devenu par la force des choses. 

Il n’expose bien sûr pas que ses œuvres. Pour «Next Door» il met en avant le travail des artistes habitués de la galerie tels que Nathalie Lepine, Antoine Chapon ou Momo. Mais l’exposition s’enrichit également de quelques nouveaux. Le photographe animalier Roland Seitre y présente par exemple le saut d’une raie et le vol d'un albatros, et le peintre américain Stephen Bennett ses portraits d’hommes et de femmes aux traditions préservées, rencontrés dans des contrées reculées. 

Tropismes expose de l'art contemporain caribéen. Même s'il est difficile de définir l'art caribéen à travers un courant tant il est multiple, il est selon le galeriste généralement figuratif, coloré et joyeux. «J’essaie de rester dans le caribéen mais les artistes bougent tout le temps» confie Paul Elliott Thuleau. Alors il s’attache à sélectionner ceux qui travaillent dans la Caraïbe ou en relation avec la Caraïbe. Et prévoit de s’ouvrir à l’art afro-caribéen. Même si au final : « il faut que ça me parle, me touche, que ce soit original et que ça se vende ».

Une galerie est en effet une entreprise commerciale. Et à Saint-Martin, ce sont principalement les touristes américains et canadiens qui achètent. Mais pas n'importe lequels : les couples âgés et cultivés avec un fort pouvoir d’achat. On compte aussi quelques Européens et Caribéens. Sur place, ce sont surtout les hôtels qui s’offrent quelques œuvres pour décorer les chambres. 

« Next Door » est la vingtième expo de la galerie. La prochaine débutera autour de Pâques et du carnaval de Sint Maarten. Un artiste devrait peindre à partir des clichés du carnaval de Santiago de Cuba qu’a rapportés le photographe et ethnographe Jean-Christophe Huet. 

Photo (D.R) : Vernissage de l'exposition "Next Door" le vendredi 21 octobre 2016

Fanny Fontan