Christophe Henocq fait Chevalier de l’Ordre national du Mérite pour son engagement en faveur du patrimoine
« La République honore aujourd’hui un homme dont l’engagement, depuis plus de 36 ans, a contribué à faire connaître, préserver et transmettre la mémoire de Saint-Martin » a déclaré le préfet Cyrille Le Vély en ouverture de la cérémonie. Ce vendredi 18 septembre, à la préfecture, s’est tenue la cérémonie de remise de la médaille de l’Ordre national du Mérite, au grade de Chevalier, à Christophe Henocq.
Institué par le général de Gaulle en 1963, l’Ordre national du Mérite récompense celles et ceux qui, par leur engagement et leurs services, contribuent au rayonnement de la nation. Cette cérémonie officielle s’est déroulée en trois temps : l’allocution du préfet, la remise de l’insigne, puis la prise de parole du récipiendaire.
Une vie consacrée à préserver et transmettre l’histoire de Saint-Martin
Né en 1965 à Cambrai, Christophe Henocq arrive à Saint-Martin à l’âge de deux ans. Après des études en Martinique, il poursuit une formation scientifique à l’Université de Bordeaux, où il obtient notamment une licence en sciences de la Terre, un DEA d’océanologie et de sédimentologie marine, ainsi qu’un diplôme d’études supérieures en sciences naturelles.
Très tôt, sa passion pour l’archéologie et le patrimoine le conduit à faire de Saint-Martin le cœur de son engagement. Dès le début des années 1990, il devient l’un des pionniers de la recherche archéologique sur l’île. Il crée et dirige le premier musée archéologique de Saint-Martin, consacré notamment aux Arawaks, et coordonne, entre 1992 et 2000, plusieurs campagnes de fouilles majeures à Hope Estate, Baie Rouge, Baie Orientale, Norman Estate et Anse des Pères. Les recherches menées sur le site d’Hope Estate permettent notamment de mettre au jour des céramiques datant de 550 avant J.-C., une découverte majeure pour l’archéologie caribéenne.
Attaché à la transmission, Christophe Henocq s’est également consacré à la sensibilisation des scolaires, des habitants et des visiteurs à l’histoire et au patrimoine de l’île, à travers des expositions, des visites, des publications et des actions pédagogiques. Au fil de son parcours, il a également contribué à la formation de plusieurs dizaines de jeunes dans les domaines de l’archéologie et du guidage touristique.
Son engagement dépasse le seul domaine scientifique. Après le passage de l’ouragan Luis en 1995, il participe à la cellule de crise de la sous-préfecture afin de contribuer à l’organisation des secours. Il œuvre ensuite à la valorisation du patrimoine, à la protection des sites historiques et naturels et à la transmission des savoir-faire. Depuis 2009, en tant que délégué local de la Fondation du patrimoine, puis au sein de la Collectivité de Saint-Martin, de 2017 à 2025, il accompagne les politiques de préservation et de valorisation du patrimoine.
« Cette distinction, je la reçois au nom de toutes celles et ceux qui, avec moi, ont fouillé, restauré, documenté, transmis : les bénévoles, les collègues de la Collectivité, les chercheurs, les enseignants, les habitants de Saint-Martin qui ont cru à l’importance de ce patrimoine. C’est leur médaille autant que la mienne. Elle est une belle étape, mais le chemin continue » a conclu l’archéologue.












