21.09.2023

La COM crée sa 2e SEM, la New Air Antilles pour gérer une compagnie aérienne

Ce n’est qu’avec 13 voix pour que la délibération de création d’une société d’économie mixte pour reprendre la compagnie aérienne Air Antilles a été adoptée mercredi par les élus du conseil territorial réunis en séance plénière.

Trois élus – Louis Mussington, Valérie Damaseau et Alain Richardson – ont dû se déporter car ils sont sensés représenter la COM au sein du conseil d’administration de la future SEM ; Mélissa Nicolas-Rembotte n’a pas pris part au vote car elle n’a pas pu poser toutes ses questions et n’a pas eu de réponse à l’une de ses interrogations, qui était le devenir de ladite SEM si le tribunal de commerce ne retient pas l’offre déposée par la Collectivité ; Angeline Laurence et Jules Charville ont voté contre de même que la Team Gibbs qui n’exclut pas de déposer une requête en nullité car elle n’a pas eu accès à l’ensemble des documents cités dans le projet de délibération et n’a pas pu non plus poser toutes ses questions.

Quoi qu’il en soit, Alain Richardson qui a présidé la séance plénière en l’absence de Louis Mussington, s’est félicité de la création de cette SEM. Cette délibération va permettre à Saint-Martin «ne plus être un simple spectateur, une victime du marché aérien mais d’en être un acteur», a-t-il déclaré. «Quand on est une île, l’intervention du secteur public, en l’occurrence celle de la collectivité, dans des secteurs stratégiques, devient obligatoire», conçoit-il.

Actionnaires

Telle que votée, la société d’économie mixte est baptisée New Air Antilles. Elle est dotée d’un capital social de départ de 2 millions d’euros. Son actionnaire majoritaire est la Collectivité (60 %) qui se réserve le droit de céder 9 % de ses parts à d’autres collectivités qui manifesteraient la volonté d’investir. Quant à l’actionnaire principal dit privé, il s’agit d’Edeis (CIPIM), groupe français qui exploite plusieurs aéroports dont celui de Grand Case. Selon l’offre de rachat d’Air Antilles déposée au tribunal, Edeis cèderait une partie de ses parts à une autre société, JA Capital, dont l’unique actionnaire est un membre du directoire et directeur général adjoint et Développement concessions au sein d’Edeis. Une double casquette qui a «outré» Jules Charville. Le conseiller territorial a demandé quelle serait la part que CIPIM Edeis pourrait céder à JA Capital mais n’a pas obtenu de réponse.

Il a été en outre précisé en séance plénière que tout investisseur local pourra entrer au capital de la nouvelle SEM. A la demande de Jules Charville, Alain Richardson l’a «garanti ». Toute personne intéressée devra en formuler la demande auprès des services financiers de la Collectivité et présenter son projet.

Siège social et président

La SEM New Air Antilles aura son siège social à Saint-Martin et son comité de direction en Guadeloupe où, déjà, Air Antilles dispose de toute son activité. Le vice-président de la COM n’exclut pas qu’une activité maintenance puisse s’installer à Saint-Martin.

La SEM disposera d’un président et d’un directeur général. Le président sera issu du conseil d’administration mais ne sera pas obligatoirement un représentant de la Collectivité de Saint-Martin. Selon l’offre déposée auprès du tribunal, il sera un administrateur issu de l’industrie aéronautique, en d’autres termes un représentant d’Edeis. «Si le président n’est pas un élu, cela n’est pas problématique», convient Alain Richardson, selon qui, les élus de la COM ne sont pas des professionnels de l’aérien. Et d’avoir fait remarqué que durant de nombreuses années, la Semsamar n’avait pas été présidée par un élu mais par un administrateur privé (Viktor Gibbs).

Les statuts de la nouvelle SEM que la COM souhaite créer, ont été rédigés par des avocats spécialisés du cabinet August & Debouzy. L’offre de la COM via la SEM New Air Antilles doit être examinée aujourd’hui.

Estelle Gasnet