09.07.2018

Ils font des essais moteur sur un navire "irmatisé" et tombent en panne en pleine mer

Récit de la dernière intervention de sauvetage des équipiers de la SNSM

Tous les jeudis soirs, les membres de la station de sauvetage en mer de Saint Martin se retrouvent pour leur réunion hebdomadaire de 19h à 20h. Jeudi 5 juillet, un équipier fait remarquer : "c'est calme en ce moment : pas d'appels du CROSS depuis plusieurs semaines". 

Pourtant, à peine rentrés chez eux ce soir-là vers 21h15, les téléphones des membres de la SNSM se mettent à sonner. C'est le CROSS Antille-Guyane qui leur demande d'intervenir. Retour à la station pour récupérer les sacs avec le matériel de secours et c’est parti pour une mission !

Un pêcheur qui se trouve sur la digue de la Marina Fort Louis a composé le 17 pour contacter la gendarmerie au 17. Il a vu une fusée parachute déclenchée dans le chenal d’Anguilla. La gendarmerie alerte alors le CROSS-AG, qui, à son tour, alerte la SNSM de Saint Martin. 

Il n’y a eu aucun appel de détresse à la VHF, mais une fusée parachute en plein milieu du chenal est toujours suspecte. 

Le CROSS nous demande donc d’aller investiguer sur place.

La Rescue Star appareille, avec quatre équipiers à bord. Le témoin a expliqué qu’il était au niveau de l'hélisurface du quai et qu’il a vu la fusée “droit devant lui” mais “très loin, plus près d’Anguilla que de Saint Martin”. Pas de position très précise donc. Mais la SNSM décide de se mettre dans l'axe de l'hélisurface avec la Rescue Star et de mettre le cap tout droit sur Anguilla.  

"Assez rapidement on perçoit une petite lumière blanche ; c’est sûr qu’il y a quelque chose là-bas; car il ne devrait y avoir que de l’eau à cet endroit… Mais est-ce un navire en détresse ou simplement un pêcheur avec une petite lanterne dans sa barque comme il y en a souvent dans ce secteur ?" rapporte Anke Roosens, patronne Suppléante de la station SNSM de Saint-Martin. 

Les équipiers foncent et arrivent sur zone une vingtaine de minutes plus tard. Ils trouvent un voilier de 44 pieds sans mât et en avarie de propulsion avec deux personnes à bord, visiblement très heureuses de les voir. "Ils n’en croient pas leur yeux que quelqu’un ait vu leur fusée de détresse et que nous soyons sortis pour essayer d’en trouver l’origine" poursuit Anke Roosens.

Le voilier tangue violemment. Il y a du vent et de la houle dans le chenal. Les équipiers ne peuvent pas se mettre à couple mais la remorque est passée avec succès et le convoi se met en route vers la Baie de Marigot. Il avance à toute petite vitesse (3,5 noeuds) afin de ne pas rompre la remorque ni d’abîmer les bateaux. Le voilier est ensuite mis en sécurité au mouillage dans la Baie de Marigot à minuit. Sauveteurs et “sauvés”  peuvent se serrer la main.

Les naufragés expliquent être partis de Simpson Bay, tard dans l’après midi, pour “faire des essais de moteur” sur un voilier “irmatisé”. Ils ont fait route vers Marigot puis demi tour pour retourner à Simpson Bay. Sauf que le moteur ne voulait plus…. Ils ont essayé pendant des heures de le faire repartir.  Sans succès ! Et ils ont alors réalisé qu’ils pouvaient dériver au loin s’ils n’arrivaient pas à alerter quelqu’un.

Pas de téléphone portable à bord, une VHF qui “marche” mais, le voilier étant démâté, l’antenne n’a pas de portée et personne n’a entendu leurs appels de détresse… Une fusée lancée dans l’espoir que quelqu’un ait les yeux rivés sur le large juste à cet instant là...  "Une situation qui aurait pu tourner au drame, mais qui finalement finit bien pour cet artiste de Saint Barth et son équipière ! Un grand Merci au témoin d’avoir alerté la Gendarmerie. Et un rappel à tous que les fusées de détresse ne doivent servir qu'à cela : à signaler un problème en mer. " ajoute la patronne suppléante de la SNSM de Saint-Martin. 

Elle rappelle : "Cette intervention illustre l’importance d’intervenir pour chaque tir de fusée. Mais, trop souvent, les sauveteurs en mer bénévoles de la station de Saint Martin sortent en vain, pendant de longues heures, pour de “fausses alertes” de fusées de détresse (voir nos articles précédents). Si vous êtes témoin d’un incident en mer n’hésitez pas à appeler le CROSS directement au numéro d’urgence 196 avec votre portable; ainsi que sur la VHF canal 16 si vous êtes sur l’eau aussi".

Fanny Fontan

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