29.11.2017

Prescilla Gazon, nouvelle intervenante sociale en gendarmerie

Elle est embauchée par Les Liaisons dangereuses mais est hébergée par la gendarmerie. Son poste est financé par l’Etat et la COM.

Elle s’appelle Prescilla Gazon. Elle est assistante sociale de formation. Elle est Saint-Martinoise. Elle vient de prendre le poste d’intervenant social en gendarmerie. Sa mission est d’assurer l’interface entre la gendarmerie et les services sociaux.

À Saint-Martin la détresse sociale et familiale est importante. «Nous y sommes confrontés au quotidien et souvent par manque de temps nous ne pouvons pas orienter les personnes», explique le lieutenant-colonel Sébastien Manzoni commandant la compagnie de gendarmerie de Saint-Martin. «L’intervenant social est ainsi un soutien aux gendarmes. Elle va être pleinement associée à nos services et nous accompagnera au maximum», complète-t-il.

Concrètement, le rôle de Prescilla Gazon est d’évaluer les besoins sociaux des victimes et des mis en cause et de les épauler. Par exemple, dans une affaire de violences conjugales, elle va exposer les droits à la victime, elle va l’accompagner dans le dépôt de plainte et dans les différentes démarches à suivre. Dans une affaire impliquant un enfant mineur, elle pourra saisir les services sociaux pour les alerter de la situation et la prise en charge de l’enfant. Une personne en situation irrégulière, elle pourra l’accompagner dans ses démarches de renouvellement de titre de séjour. Elle orientera les familles vers les bons interlocuteurs.

Les personnes que Prescilla Gazon verra, seront des personnes qui se présentent à l’accueil des services de gendarmerie ou qui auront été orientées vers elle après une intervention des forces de l’ordre.

La mise en place de ce poste s’inscrit dans le Contrat de Ville signé en décembre 2015 par l’Etat et la Collectivité. Il est pris en charge par l’association Les Liaisons dangereuses, financé par l’Etat et la COM et hébergé à la caserne de gendarmerie à la Savane. Une convention entre les quatre parties a ainsi été signée mardi matin pour une durée d’un an.

«Les politiques ont une visibilité des choses, l’Etat a la sienne mais ce sont surtout les associations qui vivent le concret, d’où l’intérêt de cette convention», a commenté Daniel Gibbs, le président de la COM, au moment de la signature. «Des dispositifs sociaux ont été mis en place mais on s’est arrêté au milieu du gué», commente la préfète Anne Laubiès. «Des actions ont été mises en place dans le cadre du contrat de ville, du fonds interministériel de prévention de la délinquance ces dernières années mais il manquait un intervenant social. Or, la gendarmerie est souvent amenée à Saint-Martin à traiter des questions de violences intrafamiliales, conjugales, des problèmes de mineurs. C’est aussi un moyen de lutter contre la délinquance. Il est important que la population et les jeunes puissent être entendus et accompagnés avant que leur situation ne devienne trop délicate», conçoit Anne Laubiès, convaincue de l’efficacité d’un intervenant social en gendarmerie. «C’est quelque chose qui fonctionne», assure-t-elle après avoir déjà apprécié ce poste ailleurs en outre-mer ou en métropole.

Estelle Gasnet